Tchad

Pressions de l'Union Européenne sur le Tchad pour la dépénalisation de l'homosexualité

L'agence AFP
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"L'UE souligne l'importance de toutes mesures prises par le Tchad pour renforcer l'égalité devant la loi et la non-discrimination, conformément aux conventions internationales, notamment la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, auxquels le pays adhère".

L'Union européenne a salué, dans une déclaration de son porte-parole, les nouvelles dispositions inclues dans le nouveau code pénal tchadien telles que l'interdiction du mariage pour les enfants, des mutilations génitales féminines, la pénalisation de l'esclavage et de la traite des personnes, ainsi que la définition de la torture, du génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité comme actes punissables par la loi. 

"La pénalisation des relations homosexuelles prévue dans le code pénal contredit les engagements internationaux du gouvernement tchadien en matière de droits humains", selon l'Union Européenne. Récemment, le Président Idriss Déby avait tranché en déclarant dans un entretien avec un trio de médias que "l'homosexualité, la pédophilie, ça n'existe pas dans nos traditions". 

Toutefois, c'est sur le terrain juridique que l'Union européenne s'en prend au Tchad en soulevant une violation de la charte africaine des droits de l'homme et des peuples et des conventions internationales. "L'UE souligne l'importance de toutes mesures prises par le Tchad pour renforcer l'égalité devant la loi et la non-discrimination, conformément aux conventions internationales, notamment la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, auxquels le pays adhère", selon la déclaration. 

De l'avis du ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Ahmat Mahamat Hassan, "il ne faudrait pas toute suite prétendre transformer une société pour laquelle la préservation de ces valeurs sont très chers. Que les uns et les autres nous comprennent. Dans nos sociétés, c'est assez répulsif dans le commun des mortels de la société africaine". 

En effet, selon lui, "la question de l’homosexualité qui était avant criminalisé a été atténué en prenant en compte certaines avancées des droits humains à travers le monde et les conventions internationale mais aussi de la résistance de notre société par rapport à ces types de comportements déviants de l’être humain. Nous avons réduits à titre transitoire la disqualification en délit". 

Pour sa part, l'UE persiste et se dit "prête à poursuivre le dialogue avec les autorités tchadiennes à cette fin."