Une ouverture magistrale

LE PARTY COMMENCE !

Étienne Dutil
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« On va commencer bientôt, on a un petit peu de retard », avouait Jean-François Perrier pendant qu’une file d’attente se constituait nonchalamment à l’entrée du Parc des Faubourgs, en face de l’Église Notre-Dame-de-Guadaloupe sur la rue Ontario. C’est Éric Pineault en personne qui est venu déplacer la barrière pour ouvrir le site en lâchant en souriant un « bienvenue » aux visiteurs. La sécurité, très présente mais courtoise, vérifie les sacs et peu à peu le site se peuple, tranquillement mais sûrement.

Certains vadrouillent entre les kiosques quand d’autres s’approchent de la scène pour prendre place sous la musique de DJ Sandy (Duperval). On se salue, on s’embrasse, on se retrouve, on se congratule on se donne des nouvelles, on se présente de nouveaux amis, la décade de fête commence sans précipitation dans un bel esprit de retrouvailles.

Vient l’heure de la cérémonie d’ouverture. Sandy Duperval annonce Maïtée Labrecque-Saganash qui sera la maitresse de cérémonie. Comme le veut la tradition du site Mohawk sur lequel se dérouleront les festivités de Fierté Canada Montréal 2017, Maïté, autochtone elle-même, accueille Wahiakeron George Gilbert, un aîné mohawk pour bénir ces célébrations en prononçant la prière d’ouverture. Un long, très long moment, en langue amérindienne devant une foule silencieuse, respectueuse. Deux amérindiennes ont pris ensuite le micro pour interpréter quelques chants de gorge dans la continuité de cette prière.

Une prestation de danse country suivit. Un problème de lacet obligea la danseuse à se mettre à l’aise en abandonnant ses bottes en daim pour giguer… pieds nus, sans souci, un sourire communicatif accroché aux lèvres. Puis les Pow-Wow Dancers d’Ottawa, un groupe composé de plusieurs Premières Nations (Algonquin, Seneca, Ojibway, Tlingit) revêtus de leurs atours traditionnels ont entamé une magnifique danse des cerceaux dans une belle célébration des cultures amérindiennes.

La levée du drapeau Arc-en-ciel

 

Les mots bien sentis du Maire

Le maire de Montréal a pris la parole pour souhaiter la bienvenue aux festivaliers. S’insurgeant contre le traitement réservé aux Haïtiens LGBT, il déclara dans des mots très sentis son intention d’interpeller le gouvernement haïtien qui vient d’interdire le mariage entre conjoints de même sexe et la promotion du droit à la différence. De plus, le maire a annoncé des démarches auprès du SPVM (Service de police de Montréal) afin de présenter des excuses pour toutes ces années de discrimination envers la communauté LGBT.

Sandy Duperval interpréta une belle version de « Over the rainbow » pendant la levée du drapeau arc-en-ciel… pendant que quelques incertains jasaient bruyamment comme si de rien n’était. Un moment de communion… qui aura failli leur échapper.

Mado, toute de rose vêtue, a rappelé en chantant que « L’amour est dans l’air », un "hymne" de circonstance. Puis Karim Ouellet a pris d’assaut les tables tournantes jusqu’au spectacle d’ouverture animé par Grégory Charles (avec Marie-Mai, Dan Bigras, Lynda Thalie, etc.). Évoquant les positions homophobes de certains groupes, politiciens et autres inconséquents, Grégory a lancé le "show" en rappelant ce que disait son père à propos de qui a raison ou tort : « En général, ceux qui ont raison sont ceux qui dansent et chantent ensemble… » Tout est dit ! On peut commencer la fête !