Ouganda

La communauté LGBT annule la Gay Pride ougandaise sous la pression policière

L'agence AFP
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Après l’interdiction du gala d’ouverture, les organisateurs ont décidé, par mesure de sécurité, que la parade des fiertés n’aurait pas lieu cette année.

Kasha Jacqueline Nabagesera (photo), la célèbre militante ougandaise des droits des LGBT a expliqué au journal Le Monde avoir subi des pressions de la part du révérend Simon Lokodo, ministre de l’éthique et de l’intégrité afin que la Gay Pride prévue le samedi 29 août prochain ne puisse se dérouler.

Des menaces physiques et d’arrestation à l'enontre des activistes LGBT ougandais ont même été brandies, selon elle.

La communauté LGBT ougandaise s'apprêtait pourtant à fêter sa fierté dans une grande discrétion en évitant la médiatisation.

Mais cela n'aura pas suffi et la police ougandaise a d'abord investi mercredi 16 août le lieu où devait se dérouler le gala d’ouverture de la Pride 2017 avant de s'en prendre à tous les espaces qui devaient recevoir des participants aux événements de la manifestation LGBT.

"Ils ont interdit l’événement en prétextant que nous étions en train de “recruter”, a relaté Kasha Jacqueline Nabagesera au Monde.

Devant de telles pressions, les organisateurs ont décidé d'annuler purement simplement la pride et a préféré jouer la sécurité.

L’organisation d'une Gay Pride dans ce pays d'Afrique s'avère très difficile puisque l'année dernière, déjà, une descente de police avait conduit à un report de la date de l'édition 2016 et à sa tenue presque confidentielle au bord du lac Victoria. 

L'homophobie est répandue en Ouganda. Harcèlement et intimidations sont le quotidien des homosexuels dans ce pays où se développe un christianisme évangélique particulièrement véhément à l'égard du mouvement LGBT.

L’homosexualité y est passible de prison et plusieurs responsables politiques importants, dont la présidente du Parlement, cherchent à renforcer la pénalisation avec une nouvelle loi plus répressive.