Australie - Politique

Le mode de consultation sur la légalisation du mariage homosexuel contestée

L'agence AFP
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Le mode de consultation sur la légalisation du mariage homosexuel via un vote par correspondance sans valeur légale est fortement contestée, y compris devant la justice. Le gouvernement conservateur l'a choisie pour ménager les opposants à l'égalité qui constituent une fraction non négligeable de son électorat.

La question de l'ouverture du mariage aux couples de même sexe en Australie continue de créer la polémique et la contestation. Le problème ne réside plus aujourd'ui dans le fait de soumettre cette légalisation au vote mais dans la méthode choisie par le gouvernement qui divise profondément la société australienne et la majorité gouvernementale.

Le gouvernement conservateur de Malcolm Turnbull (photo) refuse de soumettre la question au Parlement, préférant un vote de l'ensemble des citoyens.

Un référendum classique n'est pas envisageable dans la mesure où il ne peut concerner que les questions relevant d'une réforme de la Constitution.

Le gouvernement a donc opté pour un plébiscite mais avec vote par correspondance qui débutera en septembre et les résultats seront connus en novembre.

Cette méthode compliquée est largement décriée. L'opposition ne cesse de plaider pour un vote au Parlement afin d'éviter les inévitables débordements homophobes d'une campagne plébiscitaire et le résultat inconnu qui pourrait en ressortir même si actuellement entre 60 et 70% des Australiens de déclarent en faveur du mariage homosexuel d'après les sondages.

Il faut savoir que les résultats de cette forme de plébiscite n'auront aucune réelle valeur légale. Elle relève en effet du bureau australien des statistiques, et non pas la commission électorale et au bout du compte c'est le Parlement australien qui aura le dernier mot.

La contestation a même été portée devant la Haute cour d’Australie. Le Centre de défense des intérêts du public, une association de défense des droits de l’homme, l'a saisie pour lui demander de bloquer le projet du gouvernement.

En réalité, le gouvernement cherche avant tout à s'abriter derrière cette consultation populaire pour faire avaliser le maraige gay sans froisser une partie notable de son électorat opposée au mariage homosexuel et aussi de sa majorité parlementaire avec en figure de proue l'ancien Premier ministre Tony Abbott.