Beach Rats (Les bums de la plage)

Harris Dickinson crève l’écran

Collaboration Spéciale
Commentaires

Nouveau venu, Harris Dickinson fait plus que belle impression dans «Beach Rats», un film sur la sexualité réprimée d’un jeune homme de Brooklyn. Le jeu minimaliste et intériorisé de l’acteur anglais reflète subtilement le mal-être profond du héros, perdu entre les plaisirs de la chair et ses amis délinquants. Le jeune homme, dont la carrière s'annonce prometteuse (il sera à l’affiche d’au moins deux grosses productions l’an prochain), a répondu à 5 de nos questions…

Dans «Beach Rats», on voit ton personnage nu flirter avec des hommes plus âgés. Comment as-tu abordé ces scènes? 
 
Ce n'était pas facile, c'était un vrai défi, intellectuellement et physiquement. C'est ça qui m'a attiré! C'est un film très sombre, il fallait que je comprenne la psychologie du personnage. Le plus difficile était de paraître sincère dans ces moments de troubles sexuels. Je ne suis pas comme lui, je suis quelqu'un de plutôt solide.
 

Comprends-tu le fait qu'une personne puisse être perdue par rapport à sa sexualité?

Ça ne m'est pas arrivé, mais je peux comprendre. Surtout pour un adolescent, avec ses émotions et ses hormones. S'il se cherche, c'est normal qu'il se pose des questions sur ses préférences sexuelles.
 
Quelle est ta définition de l'amour? 

Je pense que c'est une chose égoïste. Lorsque les personnes veulent trouver l'amour, c'est dans le but d'être aimé en retour, d'être désiré, de devenir indispensable.
 
Dans l'idéal, comment vois-tu la suite de ta carrière? 

J'ai envie de travailler avec des réalisateurs passionnés, sur des histoires fortes. Je veux vraiment relever des défis. 


 
 
L'idée de devenir une grande vedette de cinéma te plairait-elle?

Si plein de gens veulent travailler avec moi, c'est sûr que ça fait envie! Par contre, l'idée d'être célèbre ne me plaît pas. Lorsque tu es une vedette, les gens veulent connaître ta vie, t'exploiter; ils se divertissent quand quelque chose de mauvais t'arrive. C'est bizarre. Moi, je veux juste faire mon travail, être heureux et vivre ma vie. J'aime passer du temps en famille, faire de la photo, voyager, ce qui est génial puisque ce métier me permet de le faire. Je suis quelqu'un de curieux. J'essaie de voyager autant que je peux. 
 
Propos receuillis par Marine Guillain


Harris DickinsonLa fureur des corps  

Frankie, incarné par l’acteur Harris Dickinson, est un adolescent désœuvré vivant aux abords de Brooklyn. Entre son père malade et sa mère qui veut à tout prix qu’il se trouve une petite amie, Frankie échappe à la morosité de sa vie quotidienne en traînant avec ses amis délinquants.

Par conformisme il entame une relation avec une jeune fille de son âge, bien qu’il flirte aussi secrètement avec des hommes plus âgés sur internet ou sur la plage.  Partagé entre l’envie de plaire et sa vie nocturne cachée, il se laisse envahir par des désirs antagonistes qu’il peine à maitriser. 
 
Alors que Frankie concrétise une drague en ligne au milieu d’une forêt, les paroles qu’il prononce dans une scène emblématique du film – «Je ne sais pas ce que j’aime» – laissent place à des corps magnifiés par des plans abstraits. Deux hommes font l’amour, jusqu’au flou qui les fait disparaître progressivement dans un lac sans lumière. La limi-te entre réalité et fantasme est atteinte et la mise en scène déploie toutes ses cartes ; l’effervescence d’instants clandestins est renforcée par des formes radicales et poétiques.
 
Le visage de Frankie est énigmatique et apparaît comme une surface de projection. Devant des feux d’artifice, lorsqu’il rencontre pour la première fois celle qui lui servira de faire-valoir, les explosions et les sourires de la jeune femme déteignent sur le regard de Frankie, ouvert à toutes possibilités. L’indécision permanente de l’adolescent est comme un mystère qui ne se résout jamais ; l’ambivalence de ses sentiments va de pair avec sa pudeur.
 
Objet d’une grande pureté, reflétant la fragilité de l’adolescence, le film met en scène de manière explosive le rêve de la matière et la seule présence d’une beauté éphémère.

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