Questions de société, Église, intimité

Le pape François se confie dans un livre d'entretiens

L'agence AFP
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Dans un livre à paraître le 6 septembre prochain, sous le titre Politique et société, le pape François se livre aux questions de l'intellectuel français Dominique Wolton. Des sujets de société les plus épineux aux souvenirs personnels, les deux hommes ont embrassé de nombreux horizons.


Il « remercie Dieu d'avoir connu de vraies femmes » dans sa vie, ou encore souligne le côté « communiste » des chrétiens: le pape François se confie dans un livre d'entretiens à paraître début septembre. De premiers extraits de l'ouvrage, intitulé Politique et société et né du dialogue entre le souverain pontife et le sociologue français Dominique Wolton, directeur de recherche au CNRS.

Les questions de société au cœur des entretiens 

François y réitère ses messages d'ouverture exprimés ces dernières années sur plusieurs sujets sensibles en débat dans la société et l'Église. Au sujet des migrants, il lance par exemple: « Notre théologie est une théologie de migrants. Parce que nous le sommes tous depuis l'appel d'Abraham, avec toutes les migrations du peuple d'Israël, puis Jésus lui-même a été un réfugié, un immigrant. » S'agissant de la laïcité, il célèbre une « chose saine », tout en taxant la France d'excès de zèle en la matière: « Mais je crois que dans certains pays comme en France, cette laïcité a une coloration héritée des Lumières beaucoup trop forte, qui construit un imaginaire collectif dans lequel les religions sont vues comme une sous-culture.»

Le pape François donne aussi son opinion sur le mariage des couples de même sexe, avec lequel il semble nourrir un contentieux avant tout sémantique: «le mariage, c'est un homme avec une femme. Ça, c'est le terme précis. Appelons l'union du même sexe 'union civile'.»

Par ailleurs, Il s'exprime aussi sur le thème difficile des prêtres pédophiles. « Avant, on déplaçait le prêtre, mais le problème se déplaçait avec lui », dit-il, déplorant donc une erreur de l'Église avant de développer: « L'Église ne doit pas aller vers une position défensive. Si un prêtre est un abuseur, c'est quelqu'un de malade. Sur quatre abuseurs, deux ont été abusés quand ils étaient enfants. Ce sont les statistiques des psychiatres. »

Mais de façon plus inhabituelle, il se confie plus intimement sur les personnes qui ont compté dans sa vie, notamment les femmes. « Personnellement, je remercie Dieu d'avoir connu de vraies femmes dans ma vie », déclare-t-il. S'il dit peu de choses sur ses « petites fiancées de l'adolescence », il parle en longueur d'une femme qui l'a marqué à l'âge adulte, une militante communiste, du nom d'Esther Ballestrino de Careaga, tuée sous la dictature argentine (1976-1983) après avoir aidé à fonder le mouvement des mères de la Place de mai, qui dénonçait la disparition de leurs enfants assassinés par le régime. « Elle m'a appris à penser la réalité politique" dit-il entre autres. Au cours de ces entretiens, il s'amuse même des critiques qui l'accusent d'être trop à gauche: « On m'a dit une fois: 'Mais vous êtes communiste!' Non. Les communistes, ce sont les chrétiens. C'est les autres qui nous ont volé notre bannière! »