Montpellier

Création d'un fonds Yves Navarre et publication d'un recueil de poèmes

Yannick LeClerc
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Un fonds d'archives consacré au Prix Goncourt 1980 Yves Navarre a été crée jeudi à Montpellier où les éditions H&O publient en octobre le premier recueil de poèmes de cet auteur décédé en 1994, a-t-on appris auprès de l'association des amis du romancier.

Jeudi, le directeur des médiathèques de Montpellier Méditerranée Métropole, Gilles Gudin de Vallerin, a reçu les archives jusque-là détenues par la famille Perrenoud, ayant droit et légataire de l'écrivain.

L'association Les amis d'Yves Navarre et les éditions H&O sont à l'origine de la création de ce fonds, le premier d'envergure en France, qui vient s'ajouter à celui de la Bibliothèque nationale du Québec à Montréal et de la Penn State University, aux États-Unis.

Ces archives comprennent notamment des tapuscrits, épreuves ou bons à tirer de romans, des albums photos et la correspondance d'Yves Navarre avec les Perrenoud.

Les amis d'Yves Navarre y ont retrouvé le tapuscrit du roman inédit « Pour dans peu », publié par H&O en octobre 2016. La même maison d'édition doit publier en octobre le premier recueil de poèmes de l'auteur, « Chants de tout et de rien, Chants de rien du tout ».

Présidente de l'association des amis de l'auteur dont elle est spécialiste, Sylvie Lannegrand souhaite que ce fonds, « source inestimable pour les chercheurs », s'enrichisse de dons de particuliers, car Navarre entretenait de nombreuses correspondances et offrait régulièrement ses écrits, parfois même des pages de manuscrits.

Né en 1940 dans le Gers, très marqué par sa « sensualité particulière », autrement dit son homosexualité, et le rejet qu'elle provoqua dans sa famille bourgeoise, Yves Navarre écrit dès l'adolescence, essuyant de nombreux refus d'éditeurs.

Concepteur-rédacteur dans la publicité, il a publié à partir de 1971 une trentaine de romans dont Le Jardin d'Acclimatation, terrible chronique inspirée du rejet familial qui lui valut le Prix Goncourt.

Mais aussi Lady Black (1971), dans lequel il évoque le travestissement et l'amour entre deux hommes, ou les Loukoums (1973), troublante préfiguration des années sida, thème repris en 1991 dans « Ce sont amis que vent emporte ».

Yves Navarre se définissait comme « avant tout un écrivain » et déplorait qu'on l'ait « étiqueté écrivain homosexuel ». Il est également l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, qui continuent à être jouées, dont « Il pleut, si on tuait papa maman » ou « Les dernières clientes ».

Celui qui se définissait comme un « condamné à vivre » s'est suicidé le 24 janvier 1994 à Paris.