Du 11 au 14 octobre

Ensemble, en avant avec «on»

Denis-Daniel Boullé
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ensemble, en avant avec «on»

Quand Francine Bernier, Directrice artistique de l’Agora de la danse a proposé à José Navas de se produire dans le nouvel emplacement, Édifice Wilder – Espace danse, celui-ci n’a pas résisté un seul instant. L’Agora de la danse a accueilli de nombreuses créations de ce chorégraphe, et c’était une façon pour lui de dire merci. Merci, un mot qui reviendra souvent dans l’entrevue que nous a accordé José Navas, toujours aussi généreux et disponible.

José NavasAvec On, José Navas reprend quelques-unes de ses créations en tout ou partie mais retravaillées pour former un tout. «J’ai demandé aux danseuses et à un danseur qui ont dansé ces créations de se joindre à cette aventure. Et la chimie est revenue comme si l’on s’était quittés hier, on a retrouvé la même complicité», explique le chorégraphe, heureux de partager la scène à travers des duos, des solos et un quintet avec celles et celui qui l’ont accompagnés dans sa démarche artistique. Mais aussi, José Navas souhaitait rendre hommage à deux autres artistes qui ont été de toutes ses créations, le musicien Alexander MacSween et l’éclairagiste, Marc Parent. «J’ai grandi comme danseur et chorégraphe avec eux, et sans eux, je ne me serais jamais rendu jusque-là, ils sont partie prenante de cette aventure. Et pour On, je leur ai laissé carte blanche car ils connaissent parfaitement mon travail». Des remerciements supplémentaires après celui adressé à l’institution chère à son cœur, l’Agora. Le concepteur visuel invité, Lino s’est vu, lui aussi, donner carte blanche pour accueillir ce nouveau spectacle. 
 
On y retrouvera donc des traces d’Anatomies, solos créés et dansés par José Navas ou encore la pièce pour la danseuse Nova Bhattacharya, spécialiste de la danse indienne appelée bharatanatyam. Une façon de redécouvrir le travail de celui qui a chorégraphié pour les plus grands danseurs et les plus grandes compagnies, mais avec une perspective et un angle différents. «On, c’est un objet un peu différent, mais qui est avant tout le besoin de retrouver des ami.e.s, d’être ensemble sur scène et de partager avec le public tout un travail d’équipe en somme, que parfois le public ne connaît pas, surtout quand je fais des solos. Et pourtant, aucun chorégraphe ne pourrait travailler sans eux», confie José Navas. 
 
Au côté de Nova Bhattacharya et de José Navas, se retrouveront sur scène les danseuses, Erin Poole, Lindsey Renee Derry, Lauren Semeschucket, le danseur François Richard, des interprètes chevronnés qui ont accepté des retrouvailles amicales. Un autre remerciement du chorégraphe à ses partenaires, certains de très longue date. 
 
Mais José Navas est aussi engagé dans l’écriture de ses propres solos. Et c’est Le voyage Winterreise (Voyage d’hiver) de Schubert, une suite de 24 lieder aux résonances romantiques qui monopolise son temps. Des chants sur lesquels le danseur révélera encore une fois, sa profonde et intime sensibilité inscrite dans sa grammaire du mouvement, accompagnée sur scène de l’ensemble musical de chambre, Pentaèdre et d’un chanteur. Fort du succès de sa version dansée du Sacre du prin-temps, le danseur ne cesse d’explorer les émotions les plus fortes et donc les plus belles qu’un simple mouvement, un simple déplacement, d’une jambe, d’un bras ou d’un corps peuvent susciter et contenir de poésie. Pour notre plus grand bonheur. 
 
On de José Navas et de la compagnie Flak, à l’Agora de la danse, Édifice Wilder
Espace Danse, 1435, rue De Bleury, Montréal, du 11 au 14 octobre 2017.