Me Farred Halabi

En droit civil, tout peut se jouer sur une virgule

Daniel Rolland
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Me Farred Halabi

Si certains ont dans la tête d’aller se défendre seuls en Cour, c’est un choix périlleux. 


Une avocate, un jour, me disait à quel point la procédure est la maîtresse du droit. Et que rendu au tribunal, c’est celui qui aura le dossier le mieux ficelé qui l’emportera. Oubliez les effets de toges comme on le voit dans les téléséries françaises. Un qui le sait bien, c’est Me Fareed Halabi, un civiliste qui traite des dossiers de droit civil, droit familial et de l’immigration. «Je ne suis pas systématiquement contre ceux qui tiennent à se défendre seuls, mais je leur conseille d’être bien préparé. J’ai des clients qui vont vouloir se rendre au tribunal eux-mêmes, mais qui viennent me voir au préalable pour structurer leur dossier.»  C’est que le droit est si complexe, si changeant, que c’est véritablement un univers qui doit relever de professionnels habitués du domaine.
 
Qu’est-ce qui a déclenché chez le jeune Fareed le désir d’emprunter la voie du droit? «Mon père a connu parfois des revers de fortune. Et il arrivait à la maison dépité en disant qu’il n’y avait plus de justice dans la vie. Et moi, ça m’a marqué.»  Et dès lors, il s’est donné pour mission de défendre ceux qui doivent faire face à la justice et rétablir leurs droits. «Vous savez, c’est le travail qui rapporte, ce n’est pas la chance. Si vous ne travaillez à l’école qu’à 50 pour cent, vous allez avoir un résultat en conséquence. C’est la même chose pour le droit. Souvent, je me promène avec deux grosses valises remplies de documents comme si je partais en voyage pour quelques mois. La zone d’ombre dans notre profession, c’est qu’on ramène souvent du travail à la maison et que ça hypothèque un peu la vie privée.» 
 
Il me raconte une anecdote savoureuse qui montre mieux que tout comment on doit très souvent en justice lutter contre le mensonge. «Un jour, quelqu’un de la partie adverse me brandit ce qui était une pièce-jointe tirée d’un courriel dont le contenu pouvait nuire à mon client. Et tout à coup, je me suis rappelé qu’un tel document, s’il est effectivement tiré d’un courriel, doit présenter le pictogramme de la pièce-jointe sur le courriel. Or, en vérifiant le courriel en question, il n’y avait aucun symbole du genre. Le document produit était donc un faux. Voyez! Tout se joue souvent sur une virgule, je dirais ici sur un trombone.» 
 
On dit que le droit civil est froid. Dans une certaine mesure, c'est exact, mais c’est oublier que les affaires intègrent énormément d’émotions. Surtout quand un méchant prédateur veut s’emparer de vos biens, vous devenez tout à coup plus vulnérable. C’est pour cela que le conseiller juridique revêt toute son importance. L’avocat est en quelque sorte un étudiant à perpétuité qui doit potasser quantité de jurisprudences et de mises à jour des lois. Des notions souvent abstraites au commun des mortels. Vaut mieux ne pas prendre de risque et de se retrouver au tribunal avec en face de vous un avocat très bien préparé. Vous allez vous sentir soudainement un peu nu, voire totalement désarmé. Pour éva-cuer le stress inhérent à la profession, notre juriste se détend avec les voyages, le cinéma, et la musique. Un homme tout en équilibre qui n’a jamais perdu de vue pourquoi il est devenu avocat: pour rétablir la justice. 
 
Me Fareed Halabi. 685 boul. Décarie Suite 205 Montréal J4L 5G4 - T. 514-747 5206