Au volant

Récolte de l’été pour l’avenir

Denis-Daniel Boullé
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SMART

En septembre se tient le plus grand salon de l’automobile en Europe. Une année sur deux, Francfort et Paris se partagent l’organisation de l’événement. Et le mois dernier, les portes du salon se sont ouvertes à Francfort. Les constructeurs s’y précipitent pour lancer leur dernière création, présenter leurs dernières avancées technologiques et esquisser les tendances à venir. La voiture la plus propre et la plus autonome est l’objectif à atteindre pour la plupart des constructeurs. La lutte est acharnée entre eux. Et la moindre petite trouvaille d’aide à la conduite ou de réduction d’émissions nocives est largement médiatisée. Sans pour autant oublier la clientèle peu décidée à amorcer ce virage écologique.

 Tout amateur de voitures, et quel que soit son degré d’intérêt pour la protection de la planète versus son plaisir au volant, peut y trouver son compte. Véhicules électriques, sportifs, luxueux, utilitaires, économiques, amusants, pour la ville uniquement, pour les journées ensoleillées. L’embarras du choix. Et le salon de Francfort reflète bien cet embarras.  
 
Côté nouveautés, on en avait parlé dans une précédente chronique, la Nissan Leaf fait peau neuve pour 2018 et étrenne le nouveau système e-pedale. En choisissant ce mode, le conducteur n’utilise qu’une seule pédale, la voiture décélérant jusqu’à l’arrêt complet lorsque l’on enlève le pied de la pédale. Bien sûr, Nissan a conservé une pédale de frein, en cas d’urgence, mais en adaptant bien sa conduite, on peut ne plus se servir de ce frein de secours. L’avantage, c’est qu’à chaque décélération, la batterie est automatiquement en mode recharge. On gagne donc en autonomie pour ce véhicule tout électrique. La Leaf est la première voiture totalement électrique à connaître un grand succès commercial planétaire. Il est vrai que de nombreuses compagnies de taxi ont été preneuses de ce véhicule à zéro émission de particules. L’édition 2018 est à peine moins laide que celle qu’elle remplace et conserve une vague ressemblance avec un fer à repasser sur roues. En revanche, à son volant, vous affichez vos couleurs (toutes les nuances de vert) et votre conscience écologique. 
 
nissan
 
À l’opposé, BMW a créé la surprise au salon de Francfort en présentant un VUS pleine grandeur baptisé X7 I performance. Vous aurez compris par l’ajout du "I" qu’il s’agit d’un véhicule hybride de la marque munichoise. Pour l’instant, les données techniques n’ont pas été dévoilées, ni même les dimensions de ce gros VUS qui viendra sans doute tout naturellement avec une troisième rangée. Ce qui est sûr en revanche, c’est que le constructeur commencera la production de ce tout dernier-né dès le début de l’année 2018. 
 
Restons chez le constructeur allemand, propriétaire de la marque Mini et qui a dévoilé deux concepts diamétralement opposés de la fameuse Mini, que l’on pourrait facilement appeler La belle et la bête. La belle, une Mini totalement électrique d’où son nom provisoire pas très ori-ginal de Mini Electric. C’est la seconde fois que la marque se lance dans la course à la voiture verte, espérons qu’elle aura plus de succès que lors de la première tentative en 2008. La bête maintenant, une version extrêmement sportive de la Mini John Cooper Works, baptisée pour le moment GP Concept (Mini JCW GP Concept) qui intéressera celles et ceux qui aiment les sensations fortes. Si les données techniques ne sont pas publiées, assurément elles feront honneur à la livrée qui en jette beaucoup aussi bien par les couleurs choisies, que par les ajouts aérodynamiques supplémentaires. Outre l’aileron de toit, ou encore les énormes prises d’air à l’avant, la JCW GP bénéficie de voies avant et arrière plus larges pour accueillir des pneus de plus grande taille, et améliorer la tenue de route. Pour alléger cette Mini sportive, on a supprimé les sièges arrière comme tous les accessoires de confort, dont les tapis de sol. Tout a été concentré sur la sportivité de ce petit bolide. Dépouillé il apparaît, pas sûr que la facture le soit tant que cela en bout de ligne. 
 
Sifflez-la et elle apparaît devant votre porte. Pas tout à fait encore rendu là. Les voitures autonomes obéissent à des commandes informatiques pas à des coups de sifflet de leurs propriétaires. Elle ressemble à une bulle pour deux passagers et est totalement autonome après programmation de son itinéraire. C’est le prototype Smart Vision EQ Fortwo muni d’un panneau à l’avant qui capte toutes les informations nécessaires pour un transport sécuritaire (on ne sait pas encore si elle détecte les nids de poule et ce qu’elle propose comme solution), et un autre panneau à l’intérieur qui permet une communication vocale avec les passagers. Demandez-lui la météo, et il affiche l’écran radar de la météo et les données de température, dites le nom de la personne avec qui vous souhaitez parler, et l’ordinateur vous met en communication avec cette dernière. On ne sait pas s’il vous signalera où se trouve le plus proche de vos prospects répertoriés sur des sites de rencontre, mais cela viendra sûrement. Un peu de patience. 
 
Certains s’y prennent très tôt pour acheter les cadeaux de Noël et éviter l’affolement et l’engorgement des magasins fin décembre. Vous avez peut-être parmi vos ami.e.s, vos connaissances, des fous et des folles d’automobile et un cadeau leur fera surement plaisir: L’annuel de l’automobile 2018. Comme les  premières feuilles d’automne sur le pare-brise, L’annuel tombe dans les librairies fin août. Riche d’informations utiles sur tous les aspects du merveilleux monde de l’auto, il fait le tour comme d’habitude de tous les véhicules disponibles au Canada et est richement illustré. Un bel objet à consulter pendant de longues heures le soir au coin du feu, ou du radiateur, en rêvant à votre prochaine voiture.