Aires Libres 2017

La reconnaissance internationale de l’œuvre de Claude Cormier

André-Constantin Passiour
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Funembule

Coup sur coup, la fameuse « Promenade des couleurs » de Claude Cormier, «18 nuances de gai» (18 Shades of Gay) a récemment fait l’objet d’articles de publications prestigieuses. D’abord c’est une revue de design de Milan – dans son édition web anglophone, Design Boom –qui louange les boules multicolores puis, c’est le Paris Match et le GQ édition du Portugal qui consacrent un article sur l’œuvre de l’architecte paysagiste Claude Cormier et qui est suspendue au-dessus de la rue Sainte-Catherine, dans le Village. Trois articles qui, en fin du mois d’août, terminent une autre saison de l’activité estivale Aires Libres telle qu’organisée par la Société de développement commercial (SDC) du Village. Et, justement, les organisateurs n’en sont pas peu fiers… Rehaussée de deux autres expositions à ciel ouvert, Aires Libres franchit cette année une étape qui la place encore plus sur l’échiquier international du design et de l’art public.  


Les couleurs de l’arc-en-ciel déclinées en 18 teintes pour marquer toute la diversité de la communauté LGBTQ+, le tout représenté par 180 000 sphères en plastique colorées, c’est ce que soulignent autant Design Boom que Paris Match et GQ. «Claude Cormier transforms a Montréal street into a colorful pedestrian promenade», titre Design Boom. «"18 nuances de gai" dans le quartier gay de Montréal», souligne quant à lui Paris Match. Bien entendu, avec de nombreuses photos à l’appui! Claude Cormier, Yannick Roberge et toute leur équipe d’architectes devaient être aux anges…  
 
«En tant que Président du Conseil d’administration de la SDC du Village, je ne peux qu’être très fier de voir l’œuvre de Claude Cormier ainsi soulignée dans des revues de design ou dans Paris Match. Bien sûr, c’est Claude qui porte l’œuvre, et nous en sommes très heureux, mais c’est également la SDC qui travaille à la réussite de ce projet depuis 7 ans. Nous ne sommes abso-lument pas déçus de ce qu’on a porté par les années passées, mais cette année, ce fut exceptionnel à bien des niveaux», commente Denis Brossard.
 
«Quand on peut avoir à la fois l’approbation d’un large public et l’acceptation et la reconnaissance du milieu du design et de l’architecture, c’est une situation qui est "win win", comme on dit, poursuit Denis Brossard. Dans tout cela, il faut aussi saluer l’équipe d’installateurs qui font un travail remarquable  chaque année, qui ont de l’expérience et qui ont monté les 180 000 boules avec une grande efficacité. On a tendance à les oublier, mais il font du très bon travail et cela mérite d’être souligné.» La zone piétonne a été agrémentée de 150 saules pleureurs à la suggestion de Claude Cormier, ajoutant ainsi plus de verdure à l’artère. Malgré la maladie qui a frappé certains des saules, ces derniers seront de retour en pleine forme l’été prochain.
 
Dressant un bilan plus que positif de la saison estivale 2017 d’Aires Libres avec un nombre presque record de touristes et de visiteurs, le 375e anniversaire de Montréal aidant, bien sûr, l’achalandage a été pratiquement constant dans le Village gai de la métropole, indique M. Brossard. 
 
À l’angle de Sainte-Catherine et d’Amherst, on a inauguré le 22 juin dernier une nouvelle offre artistique avec la «Galerie blanc»! Une galerie-musée à ciel ouvert – avec du gravier blanc par terre et des murs d’une blancheur virginale – avec les œuvres photographiques d’artistes de réputation internationale, soit Synchrodogs d’Ukraine, Delaney Allen de Portland (Oregon) et le Québécois Benoit Paillé de Trois-Rivières, sans oublier la sculpture de Valérie Blass. La «Galerie blanc» est le résultat de la collaboration d’Alexandre Berthiaume, de Futil design et concepteur de la galerie, et Nicolas Denicourt de Think Outside The Box, qui est organisateur d’expositions de photographies. «La "Galerie blanc" est un autre projet qui reçoit l’approbation de la population et du milieu artistique. Cette galerie a nécessité tout un travail complexe de patience, de résilience, de modification mais qui, en bout de ligne, a réussi. Nous en profitons d’ailleurs pour souligner le support constant de   l’arrondissement de Ville-Marie et du PDQ22 à la réalisation de ce projet. […] Nous sommes extrêmement contents de constater que les gens ont res-pecté cette nouvelle installation, qui sera d’ailleurs accessible dans sa forme actuelle jusqu’au printemps prochain. […] Dans sa version 2.0, on pourrait bien s’imaginer la tenue de concerts de musique classique, par exemple, à certains moments durant l’été. L’espace est là pour rester», note Denis Brossard. 
 
Cette année, on célèbre aussi le 35e anniversaire du Village gai. Or, pour bien retracer l’histoire en photos de ce quartier, la SDC du Village a fait appel au directeur artistique Jean-Pierre Pérusse pour l’exposition «Village mnémonique» que l’on retrouve sur dix colonnes lumineuses tout au long de Sainte-Catherine. «On n’a pas assez parlé de cette exposition, pourtant Jean-Pierre Pérusse a effectué un choix très représentatif des 35 ans du Village et il n’a pas eu peur de présenter des moments forts du secteur et des acteurs, continue le Président du Conseil d’administration de la SDC. Cela vaut la peine de faire le tour de toutes ces photos rétroéclairées.»
 
Bien entendu, on ne peut passer sous silence le «pont suspendu» au-dessus des boules multicolores, le «funambOule», situé entre TVA et l’ancien Complexe Bourbon (à l’angle de la rue de Champlain). «Nous avons mis la table pour le futur. La "Galerie blanc" est là pour cinq ans, les boules multicolores de Cormier sont aussi là pour cinq ans et le pont est là pour au moins 20 ans puisqu’il respecte les même codes d’ingénierie que tout autre pont. Les investissements ont été faits et les infrastructures sont payées. La base est là pour plusieurs années. Donc, on va travailler sur les ajouts culturels, on peut maintenant penser à des artistes et à des œuvres provenant de l’international et ainsi renouveler les œuvres de la "Galerie blanc", par exemple», souligne Denis Brossard.
 
Mais il n’y a pas que la saison exceptionnelle qui réjouit Denis Brossard. «Il y a des "renards" qui se sont introduits dans le Village et nous en sommes très heureux», dit-il presque poétiquement en référence au bar Renard qui a ouvert ses portes en Novembre dernier, précédé de quelques mois par l’ouverture du sympathique café La Graîne brûlée. D’autres nouveaux commerces ont également récemment fait leur apparition dans le quartier: le resto hawaïen Kame Hame Ha (face au Unity), le bar District Video Lounge (dans l’ancienne lunetterie De Visu), ou encore le bar Blossom, des propriétaires du Red Tiger et du resto hawaïen, à l’angle de Maisonneuve et d’Amherst, entre autres. «C’est intéressant parce que ce sont des commerces ouverts par des jeunes, pour la plupart, et qui ramènent une clientèle différente dans le Village», renchérit M. Brossard.     
 
C’est le début de l’automne et il faut déjà penser au «décor hivernal», non? Ce qui est au menu est simple: on revient avec les poteaux rétroéclairés de l’exposition «Sans abat-jour» de la firme Architecturama. On conserve le même nombre de tubes qu’en 2016, soit 160 en tout sur Sainte-Catherine. «Nous avons appelé le projet "Sans abat-jour". Il s’agit de représenter les filaments de tungstène qu’il y avait dans les anciennes ampoules, comme si on avait enlevé le verre qui les recouvrait pour les dénuder. Cela devient des dessins des plus originaux. C’est un appel à la chaleur, au feu, au confort par des couleurs rouge, orange et jaune […]», nous expliquait l’an dernier Sylvain Bilodeau, architecte et associé chez Architecturama qui comprend, également, le créateur Nicolas Mathieu-Tremblay. 
 
AIRES LIBRES 2017 a été rendu possible grâce au financement de l’Arrondissement de Ville-Marie, la Brasserie Labatt, les Célébrations du 375e de MTL et bien entendu de la SDC du Village.
 
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