la «gay panic defense»

Renvoyer la LGBTphobie au visage de la victime

Yannick LeClerc
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Renvoyer la LGBTphobie au visage de la victime

Dans 30 États américains, l’orientation sexuelle d’une victime de meurtre peut constituer un caractère aggravant au crime. Paradoxalement, c’est aussi une circonstance atténuante pour les coupables, sur la quasi-totalité du territoire. Oui, il est possible de tuer quelqu’un de gai ou de trans puis d’utiliser ce fait pour justifier ce crime.

Une logique qui insinue l’idée que les personnes LGBT constituent une menace pour la société et justifie par la même occasion les violences contre la communauté. «Certes, je l’ai tué. Mais il est homo/bi/trans», plaident encore aujourd’hui certains accusés. L’abolition de cette jurisprudence et l’interdiction de cette ligne de défense est promue depuis de nombreuses années par l’American Bar Association réunissant plusieurs membres du barreau effarés de constater sa mobilisation dans des meurtres homophobes et transphobes. La Californie fut le premier État à y mettre un arrêt. En 2014, le gouverneur Jerry Brown signe un projet de loi qui établit que la découverte de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle réelle ou supposée d’une personne ne justifie pas la violence à son encontre. L’État de la côte ouest est suivi trois ans plus tard par l’Illinois. Adoptée à l’unanimité par les deux chambres du Parlement de l’Illinois au début de l’été, le projet de loi abolissant le «gay panic defense» et la «trans panic defense»  a finalement été transformé en loi.