Azerbaïdjan

Human Rights Watch dénonce des tortures de militants LGBT

L'agence AFP
Commentaires

Human Rights Watch a accusé mardi la police d'Azerbaïdjan de mener une "campagne violente" contre des militants LGBT exposés selon cette ONG à des "tortures" avec chocs électriques dans l'ex-république soviétique du Caucase du Sud.

"La police en Azerbaïdjan mène une campagne violente en arrêtant et en torturant des homosexuels ou bisexuels présumés, tout comme des femmes transgenres", a affirmé HRW dans un communiqué.

Des "dizaines de personnes" ont ainsi été arrêtées à Bakou, la capitale azerbaïdjanaise depuis mi-septembre pour des "accusations douteuses", indique le communiqué.

Certains d'entre eux ont été "battus et exposés à des chocs électriques" utilisés pour leur extorquer de l'argent ou révéler les noms des autres homosexuels, assure HRW, précisant avoir obtenu ces informations auprès des personnes qui ont ensuite été relâchées et leurs avocats.

HRW prône "une enquête indépendante approfondie" en appelant à "engager des poursuites contre les responsables de ces arrestations arbitraires et en particulier des tortures".

Cette déclaration intervient alors que la police azerbaïdjanaise a annoncé lundi avoir arrêté depuis la mi-septembre 83 personnes pour prostitution, en assurant qu'il ne s'agissait pas de "persécution de minorités sexuelles".

L'avocat Samed Rahimli, spécialisé dans la défense de personnes LGBT dans ce pays riche en hydrocarbures, a cependant assuré lundi que seules deux des 34 personnes avec qui il avait pu s'entretenir avaient "avoué se prostituer".

Selon Amnesty International, "ces arrestations visent uniquement les représentants de la communauté LGBT".

Dirigé d'une main de fer par le président Ilham Aliev dont le régime est souvent critiqué par les ONG internationales, l'Azerbaïdjan est un pays laïque à majorité musulmane.

En Tchétchénie, république russe et musulmane du Caucase du nord, des homosexuels ont été la cible de persécutions de la part des autorités tchétchènes, selon une enquête du journal indépendant russe Novaïa Gazeta et des témoignages recueillis par plusieurs médias. Ces révélations avaient suscité une forte vague d'indignation à travers le monde.