Image+Nation - 25 novembre à 19h

The Wound : Une vision moderne d’une masculinité queer et noire

Yves Lafontaine
Commentaires
 THE WOUND

Afrique du sud, montagnes du Cap Oriental. Comme tous les ans, Xolani, ouvrier solitaire, participe avec d’autres hommes de sa communauté aux cérémonies rituelles d’initiation d’une dizaine d’adolescents. L’un deux, venu de Johannesburg, découvre un secret précieusement gardé… 

The Wound (la blessure), c’est à la fois la cicatrice physique de la circoncision imposée à ces jeunes garçons, et c’est aussi la douleur d’un secret impossible à partager, celui d’une masculinité différente. Ce secret relie trois personnages, adolescents ou adultes, chacun à un stade différent de leur initiation, chacun en chemin pour devenir un homme.
 
Tout en rendant compte avec sérieux de son contexte social et en démontrant le décalage entre les rituels ancestraux et ces jeunes privés de leurs iphones et de leurs vêtements fétiches, le film ne se laisse pas enfermer dans le moule du film-à-sujet, et n’oublie pas de faire du cinéma. D’une certaine manière, The Wound rappelle par moment le cinéma lgbt des années 90, lorsque l’on parlait de new queer cinéma : c’est à dire des films qui cherchaient à illustrer un mode de vie difficile, une douloureuse condition propre aux gais.
 
Des films “pré-coming out“, comme on le dit également. Le résultat dépasse néanmoins cette formule familière. Tout d’abord grâce à un ton particulier, entre violence esquivée et bienveillance inattendue. La nuit menace de tout engloutir, mais entre-temps, le soleil couchant fait une émouvante toile de fond pour un baiser volé. Cette subtilité d’écriture se retrouve avant tout dans le trio de protagonistes, trois garçons touchants aux portraits nuancés, chacun à son tour victime et bourreau de cette machine à faire des hommes.
  
Pour son premier film, le Sud-Africain John Trengove fait en effet preuve d’une certaine ambition, et le sujet du film est autant la masculinité et son vain apprentissage que l’homosexualité. Rares sont les films à se demander avec sérieux ce que ça veut dire, d’être un homme. Plus rares encore sont les films à ne pas y répondre à travers la relation hommes /femmes. The Wound offre une vision fort moderne d’une masculinité queer, noire et alternative, qui mérite d’être remarquée. 
 
 


 

----------------------------------- 

L’HORAIRE COMPLET DU FESTIVAL Image+Nation 30

 

JEUDI 23 novembre 

  

VENDREDI 24 novembre

 

SAMEDI 25 novembre 


DIMANCHE 26 novembre

 

LUNDI 27 novembre

  

MERCREDI 29 novembre 

 

JEUDI 30 novembre

 

VENDREDI 1 décembre


SAMEDI 2 décembre

 

DIMANCHE 3 décembre  

 

 


THE WOUND