29 et 30 novembre 2017

SOME HOPE FOR THE BASTARDS

Denis-Daniel Boullé
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Acclamé lors de sa présentation au FTA de cette année, Some Hope For Bastards se retrouvera sur les planches de l’Usine C à la fin du mois de novembre. Frédérick Gravel se considère comme un chorégraphe à part cherchant à être au plus près de ce qu’il ressent et de ce que ressentent les danseurs dans une création collective plutôt que de se référer ou de s’inspirer de ce qui se fait ou de ce qu’il a déjà fait. Un chorégraphe solitaire dans sa démarche mais qui sait rassembler autour de lui les danseuses et les danseurs.

Some Hope For Some Bastards est avant tout une exclamation de l’artiste. Elle a retenu son attention et il l’a choisie comme titre de travail. Frédérick Gravel est travaillé par le doute, aussi bien sur la portée de son propre travail, que sur le rôle de l’art comme vecteur de changement. « Nous vivons dans un ordre du monde que l’on pourrait détester vu tout ce qui s’y passe, alors on cherche quelque chose de positif qui, à défaut de changer le monde, nous donne encore de l’espoir », nous confie-t-il au téléphone. 

 

Et ce positif, il le cherche avec ses danseurs sur scène quand il travaille avec eux à mettre en lumière une approche différente aussi bien dans la gestuelle et dans le mouvement que dans l’expression des émotions, quelque chose qui nous ramène à l’humain à la recherche de l’unique pulsion qui nous permet de nous tenir debout, la pulsion de vie. 9  danseuses et danseurs se donnent à cette quête, tantôt seuls, tantôt en groupe, cherchant ainsi de la lumière, par les fameuses brèches par lesquelles elle peut entrer pour paraphraser Leonard Cohen. Frédérick Gravel souhaite que chaque danseur soit totalement présent sur scène dans ses forces comme dans ses faiblesses, pour retrouver l’expression brute du corps, même si totalement maîtrisé. Ni grammaire chorégraphique, ni étude de genre, mais une entrée dans l’univers d’extrême sensibilité du maître d’œuvre, sensibilité à fleur de peau partagée par les interprètes qui se donnent par un engagement total le temps d’une représentation,. 

 

Électron libre de la scène chorégraphique contemporaine montréalaise, Frédérick Gravel, si l’on sait regarder, nous dévoile un paysage intérieur, de doutes, de peur, de joie, de malaises et de désir, qui est en fait celui de chaque spectateur. Puisqu’aujourd’hui nous sommes tous des bâtards face à un passé qui s’effiloche et un avenir pour le moins incertain. 

 

Some Hope For The Bastards

Chorégraphie de Frédérick Gravel en collaboration avec les danseurs 

29 et 30 novembre 2017, Usine C

usine-c.com