Image+Nation - 26 novembre à 19h30

Chavela Vargas, la vie tempétueuse de la mythique chanteuse mexicaine

Chantal Cyr
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Interprète exceptionnelle, alcoolique, lesbienne, séductrice, irréductible, marginale, authentique : la vie tumultueuse de la chanteuse Chavela Vargas, vénérée en Amérique latine et en Espagne, est retracée dans un film-documentaire présenté à image+nation cette année, le dimanche 26 novembre.

« La voix de Chavela Vargas m'a fait pleurer plusieurs fois », témoigne Pedro Almodovar, dans le film coréalisé par Catherine Gund et Daresha Kyi. Le réalisateur de « Volver » fut l'artisan au début des années 1990 en Espagne de la résurrection artistique de la chanteuse, décédée à 93 ans en 2012. Elle figure sur la bande-son de plusieurs de ses films et apparaît même dans « La fleur de mon secret ».

Le film s'ouvre sur un plan de Chavela Vargas interviewée en 1991 par de jeunes admiratrices l'ayant retrouvée, alors qu'elle avait disparu pendant douze ans et que certains la croyaient morte. Visage émacié, cheveux courts poivre et sel, l'artiste porte sur elle les stigmates d'une vie d'excès. Même si elle apparaît très digne et affiche une certaine classe.

Des images d'archives la montrent ensuite sur scène, dans les années 50, chantant de manière poignante un de ses classiques, « Soledad » (« Solitude »). Cette solitude a été, finalement, la plus fidèle compagne de Chavela Vargas, malgré les nombreuses aventures qui ont jalonné l'existence de cette séductrice à la forte personnalité.

Le film, nourri d'images d'archives et de témoignages, retrace la vie de celle qui est devenue l'icône de l'émancipation des femmes au Mexique. L'enfance d'abord, triste et solitaire au Costa Rica, d'une fille alors prénommée Isabel qui se rêvait garçon, et que ses parents cachaient à leurs invités. La jeunesse à Mexico ensuite, où Isabel part s'aventurer, et vit une vie de bohème en chantant dans les rues. L'adulte, qui impose sa personnalité dans les cabarets de Mexico et les hôtels de luxe d'Acapulco, fréquentés par le Tout-Hollywood. Vêtue en homme, pantalon serré et poncho, elle invente une nouvelle manière d'interpréter la ranchera, cette complainte où il est question de passion, d'abandon. La déchéance, enfin, d'une femme qui fit tout pour imposer sa liberté dans un monde d'hommes. Mise à l'écart par la profession, elle vit les portes se fermer et s'est noyée dans l'alcool.

Après cette période autodestructrice, longue d'une quinzaine d'années, la chanteuse trouva l'apaisement au début des années 90 en Espagne, où quelques aficionados, dont Pedro Almodovar, lui ont permis de renaître. Cette dernière période de sa vie, celle de la reconnaissance à part entière, est abordée dans le dernier tiers du film, où Chavela exprime son bonheur d'être enfin à l'affiche des grands théâtres.

Catherine Gund et Daresha Kyi s'attardent en outre sur d'autres aspects de la personnalité de Chavela Vargas. Sa dépendance très forte à l'alcool. « Je me suis pris de sacrées cuites », dit celle qui devait être « la plus virile parmi les mâles », selon une de ses proches. Le mysticisme aussi d'une personne qui croyait à la puissance des esprits et prétendait avoir été guérie de son dépendance grâce au chamanisme. Et surtout, son homosexualité. Chavela Vargas, qui aurait eu une brève liaison avec la peintre Frida Kahlo, n'a cessé de la vivre pleinement, devenant l'égérie de la communauté lesbienne dans un pays aux traditions bien ancrées. Même si elle ne l'a révélée publiquement qu'en 2001, à plus de 80 ans.

CHEVALA sera présenté le dimanche 26 novembre, à 19h30, au Cinéma Alexandre de Sève de l'Université Concordia.


 

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