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En attendant la blanche couleur d’hiver

Luc-Alexandre Perron
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Dynasty

Bonjour chers amis! Nous arrivons en décembre, dernier mois de l’année. Dès le mois prochain, les émissions de remplacement de mi-saison feront leur apparition au petit écran. On éliminera donc tout ce  qui n’a pas résisté aux cotes d’écoute, la seule chose qui détermine la vie, la survie et la mort d’une émission. Évidemment, il y a quelques exceptions. Pensons seulement, au Québec, à la série «Tout sur moi», qui était revenue en ondes suite à la pression de la part des auditeurs, particulièrement sur les réseaux sociaux. En attendant, il reste encore bien des choses à découvrir avant janvier prochain.

On commence par The Gifted, une série présentée par Space. On se retrouve dans un monde où les mutants sont traqués par des forces spéciales. Lorsque le responsable principal de la répression des mutants apprend que ses enfants en sont tout déboule. C’est un peu comme une analogie avec l’homosexualité. Vous êtes homophobes et vous harcelez les LGBT et soudainement vous apprenez que votre enfant est gai! Idem pour les mutants dans cette série de science-fiction. Apprenant que leurs enfants sont deux mutants, les parents se trouvent confrontés à un dilemme. La mère quitte avec les enfants, fuyant la Sentinelle qui emprisonne, torture, mutile et fait des expériences médicales sur les mutants. S’en suit alors une course pour trouver du secours auprès d’un groupe de résistance contre cette société devenue totalitaire et intolérante contre la différence. Le reste se veut un peu conventionnel, des gars musclés avec des pouvoirs anormaux et des filles qui peuvent tout détruire. Mais au final c’est une bonne série de science-fiction surtout si on la prend au deuxième degré comme une dénonciation de la discrimination et de l’intolérance dans notre société. Soulignons aussi le retour de Stephen Moyer  (True Blood) dans le rôle du père, qui doit rejeter ses croyances pour défendre sa famille.
 
 THE?GIFTED
 
This is us. Les parents avaient prévu des triplets mais un des enfants est décédé. Puisque tout était organisé à la maison pour trois enfants, le père et la mère adoptent un troisième enfant, né la même date, mais afro-américain. On suit donc la vie de cette famille, à travers divers flashbacks qui nous amènent à des époques différentes. Ce drame est vraiment prenant. Puisque la série se déroule dans plusieurs périodes de temps, on connait parfois l’avenir des personnages alors qu’eux, bien évidemment, ignore tout de leur futur. On s’attache rapidement aux personnages que l’on voit évoluer au fil du temps. Plusieurs thèmes sous-tendent la série : l’alcoolisme, la toxicomanie, l’obésité morbide, le racisme, le deuil, la peur, l’infidélité, la solitude. Chaque personnage a son histoire personnelle, par exemple, le fils qui veut devenir joueur de football mais dont un accident ruinera la carrière et qui deviendra acteur par la suite. J’adore cette série. Je vous la recommande fortement. Nous en sommes à la deuxième saison déjà mais malgré l’alternance de périodes, il est facile de suivre le déroulement de l’histoire. Une série touchante et pleine de compassion. Vous allez rire et pleurer et surtout, vous vous attacherez aux personnages.
 
Will & Grace. À l’époque où l’émission est diffusée, rappelez-vous que les baisers entre hommes étaient censurés à la télé. Dieu merci cette période est révolue. Et les droits des LGBTQ ne seront plus jamais (espérons-le) limités par la société dans laquelle nous évoluons. Will & Grace sont de retour et c’est difficile à croire mais c’est encore meilleur qu’il y a 10 ans! Ils osent vraiment aller plus loin et c’est le spectateur qui s’en sort gagnant. Cette saison qui amorce un retour nous présente même pour une rare fois un enfant gai! Petit-fils de Jack, il a à peine 7 ou 8 ans mais déjà il exhibe tous les traits de son grand-père biolo-gique! Une première pour une comédie du genre. Les dernières saisons avaient porté un peu ombrage à Will et à Grace et on aurait pu penser que les véritables vedettes de la série étaient Karen et Jack. Ceci n’est plus. Il y a maintenant un véritable équilibre et un jeu d’équipe à quatre qui rend à la perfection les textes désopilants des auteurs. Je pense qu’ils seront à l’écran pour tout un bout de temps. Grace est toujours aussi hystérique, Will toujours aussi sarcastique, Jack toujours  aussi centré sur lui-même et Karen toujours aussi dans les vapes. Pourtant, ils ne sont plus les mêmes. Les auteurs ont réussi avec le jeu des comédiens à transposer le passage du temps sur les personnages. Évidemment, avec la présence de personnages secondaires comme Elliot, le fils de Jack, qui est maintenant marié et père d’un enfant, on saisit rapidement que dix ans sont passés. Et la némésis de Karen, Beverly, qui nie être homosexuel est aussi de retour pour notre plus grand plaisir car lorsque celui-ci affronte Karen, on peut s’attendre à tout. Le seul hic c’est la durée de chaque épisode. Commanditaires obligent, il y a beaucoup de pub et une heure au lieu de trente minutes ne seraient pas de trop pour nous divertir chaque jeudi soir. Vraiment c’est le retour des retours à la télévision!
 
 Will & Grace
 
Dynasty. Avez-vous écouté les premiers épisodes du remake du classique Dynasty sur la chaîne CW? Qu’en avez-vous pensé?. Dans la version 2017, modernité oblige, il y a pas mal plus de scènes de sexe. Disons que le clan Carrington s’envoie souvent en l’air. Le patriarche Blake mène toujours la barque de façon ferme et sans appel. Qui de notre âge aura oublié le baiser homosexuel censuré à l’époque par ABC? Maintenant Steven et Sam s’embrassent à qui mieux mieux devant l’écran. Mais qu’en est-il de la qualité de l’émission? D’abord la version 2017 résiste bien à la comparaison avec la version originale. Exit  les costumes extravagants et les répliques acerbes. Alors, a-t-on droit à une série comme tant d’autres à notre époque? On y a ajouté quelques membres de minorités visibles parmi les personnages principaux, Jeff Colby est un Afro-Américain, ainsi que Michael, le chauffeur,  Cristal (et non plus Krystel) est Latina (tout comme son neveu homosexuel) et les personnages gais semblent avoir été, disons, normalisés. Plus question, ici, d’homosexuels complexés, vivant de l’homophobie intériorisée qui finissent dans les bras d’une femme pour éviter l’opprobre sociale. Une image plus positive des LGBTQ. Mais au-delà de la distribution, de la diversité (qui est la bienvenue) que reste-il?  Nous avons droit à  un drame rafraichi, un père beaucoup moins froid et arrogant, qui aime sincèrement ses enfants et qui accepte l’homosexualité de son fils et une épouse beaucoup moins innocente que la Krystel, jouée par Linda Evans dans la première version. Les intrigues sont beaucoup plus réalistes et moins superficielles. Vraiment une amélioration. Maintenant, tout ce qu’on attend, c’est le retour d’Alexis! Dans la version originale, celle-ci ne fait son apparition qu’à la fin de la première saison, lors du tout dernier épisode. Quelque chose me dit que cette fois-ci, on ne pourra pas attendre si longtemps. Il ne faut pas oublier non plus, l’arrivée soudaine de deux autres personnages à la suite d’Alexis, soit les deux autres enfants de la famille Carrington, soit Adam, qui a été kidnappé durant son enfance et qui est réapparu dans la série (pour faire monter les cotes d’écoute…) lors de la deuxième saison et d’Amanda, la plus jeune de la famille Carrington qui a été élevée en Angleterre par Alexis en cachette de Blake. Et oui, lors du divorce, Alexis était enceinte et elle est retournée se réfugier dans son pays natal tout en cachant à Blake qu’il avait eu une autre fille.. L’acteur qui incarnait Adam, Gordon Thompson a fait son coming out à l’âge de 72 ans! J’ai bien hâte de voir comment les auteurs et scripteurs vont intégrer ces trois nouveaux personnages (Alexis, Adam et Amanda) dans la série. Gageons que ça sera un peu plus réaliste comme intégration.
 
Trop. Comment ne pas sourire en regardant cette comédie? Au départ, j’étais sur mes gardes, les prémisses de base se voulant un peu simplettes. Pourtant, c’est avec joie que j’ai découvert cette série et ses personnages. La vie d’une personne bipolaire peut-elle nous faire rire? Il semble bien que oui. Affligée d’un trouble autrefois connu sous le nom de maniaco-dépressif, Anaïs perd souvent ses moyens à cause de sa maladie. Elle se retrouve dans des situations qui n’ont aucun bon sens et qui affectent de diverses manières son entourage. Quand on la voit commencer à perdre le contrôle, on sait que ça va dégénérer et que tout peut arriver! D’ailleurs, rien qu’à voir la réaction des gens autour d’elle, on devine la tension. Personne ne sait à quoi s’attendre! Des fois, quand je la vois agir, je hoche la tête en me disant Voyons donc! Ce qui aide la série c’est le casting vraiment hyper sexy qui entoure Anaïs. J’ignore quel était le but de l’équipe chargée de la distribution, mais tout le monde est beau et hot dans cette série, autant les gars que les filles. Alors rincez-vous l’œil en plus de rire un bon coup. Mais préparez vos oreilles car Anaïs a un langage assez coloré, disons (pour ne pas dire violent et vulgaire). SRC a vraiment frappé dans le mille! Ce n’est vraiment pas «trop»!
 
Une nouveauté fait son apparition, Electric Dreams, basé sur le roman du même nom de l’auteur Philip K. Dick. Chaque épisode raconte une histoire différente et indépendante des autres. Donc, vous pouvez aller et venir sans trop de confusion. Les synopsis sont magiques et dépassent l’imagination déjà fertile d’émissions comme The Twilight Zone. Vraiment, vous en aurez pour votre argent. Un voyage en train vers une ville qui n’existe pas; un autre voyage vers une planète disparue nommée la Terre; des extra-terrestres… Tout est magi-que, irréel. Les costumes et décors agrémentent le tout, supportant une distribution solide et variée. Les amateurs de science-fiction seront ravis!
 
On a appris la fin de House of Cards, qui met en vedette Kevin Spacey. Celui-ci a longtemps nié être homosexuel, mais des accusations d’inconduite sexuelle à son égard par un autre homme ont forcé la vedette à faire son coming out. Pas idéal comme sortie du placard. Le réseau affirme que la fin de la série qui en sera à sa sixième saison avait déjà été décidée bien avant le scandale.
 
Voilà  pour ce mois-ci. La prochaine fois qu’on se reparle, nous serons en hiver,  période propice  pour rester à la maison, au chaud, devant notre télévision