Italie

Expédition punitive mortelle contre un jeune gai chinois

L'agence AFP
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La police italienne interrogeait mardi cinq jeunes Chinois, tous mineurs, soupçonnés du meurtre d'un autre jeune, apparemment étouffé par son ancien petit ami lors d'une expédition punitive.

"Les cinq assurent qu'ils ne parlent pas italien, mais nous ne les croyons pas. Ils sont tous mineurs et sont restés complètement impassibles. Comme leurs parents, qui se sont montrés très peu coopératifs", a déclaré un responsable de la police, Marcello Castello.

Congliang Hu, âgé de 20 ans et surnommé "Leo", était probablement le petit ami de l'un des cinq à Modène, une ville du nord de l'Italie située près de Prato, qui compte une très importante communauté chinoise.

Quand le jeune homme de 17 ans a voulu rompre avec lui, Leo l'a menacé de publier des photos intimes qu'il avait gardées sur son téléphone, ce qui semble avoir provoqué l'expédition punitive.

Selon les enquêteurs, le petit ami s'est présenté dimanche chez Leo avec son gang. Ils ont croisé la mère du jeune homme et le compagnon de cette dernière, puis se sont rendus dans la chambre de Leo.

Là, ils sont soupçonnés de l'avoir étouffé avec un oreiller, avant de cacher son corps dans une valise trouvée sous son lit. Puis ils ont salué la mère de la victime en lui disant que Leo était sorti. Elle n'a découvert le corps que plusieurs heures après.

L'un des cinq jeunes chinois s'est rendu à la police, les quatre autres ont été arrêtés. "Nous avons appris avec douleur et rage le meurtre du jeune Leo et les terribles circonstances de sa mort", a commenté dans un communiqué Gabriele Piazzoni, secrétaire national d'Arcigay, la principale association de défense des homosexuels en Italie.

Evoquant le récent suicide d'une jeune italienne qui craignait qu'une vidéo osée d'elle devienne publique, Gabrielle Piazzoni a fustigé "une culture qui transforme la sexualité et l'orientation sexuelle en faits infamants".

"Les questions de sexualité, d'orientation sexuelle et de pratiques sexuelles sont encore taboues dans notre pays (...) et pourtant c'est précisément ce tabou qui fournit aux violents leur arme mortelle", a-t-il insisté.