Entrevue —pornstar

Tom Faulk : Le texan bohème et hors normes !

Marc Antonios
Commentaires
Tom Faulk
Photo prise par © Tom Faulk
Tom Faulk
Photo prise par © Tom Faulk
  • Tom Faulk
  • Tom Faulk
Curieusement, au No. 108, on vous présentait un beau brésilien du nom de Diego Sans puis, dans l’édition 109, on réalisait une entrevue avec Wesley Woods, un texan ! Maintenant, après le No. 111 où l’on vous parlait de Renato, un autre brésilien, on recommence une entrevue avec un… Texan ! Bien oui, Tom Faulk vient ainsi du même État que Wesley Woods ! Non seulement Tom Faulk est texan, mais il a ce petit quelque chose d’inclassable, qui ne rentre dans aucune «catégorie» spécifique et c’est ce qui fait son charme et son charisme même. Avec ses tatouages et des cheveux blonds souvent longs d’ailleurs, il passe aisément pour un de ces surfers californiens que l’on rencontre sur Venice Beach et qui arbore ce sourire à vous faire chavirer…
 
Avec son corps athlétique et imberbe, ses yeux couleur noisette et ses tatouages, sans parler de ces fesses rebondies, Faulk a souvent joué les étudiants, collégiens ou, justement, ces jeunes californiens qui passent leur temps à s’amuser… De Collegedudes.com à Falcon, de FraternityX.com à Men.com en passant par NakedSword, Faulk a joué dans une centaine de scènes. Récemment, Tom Faulk a été la vedette de deux films à succès de NakedSword Originals, soit Scared Stiff et MXXX : The Hardest Ride, réalisé par Mr. Pam.
 
Sur le site Str8upGayPorn.com, il dénonçait il y a quelques semaines à peines les pratiques plutôt douteuses de certains studios… Sans rien cacher, Faulk poursuit avec ZIP une conversation franche et honnête et nous livre pratiquement une lettre «d’adieu» à l’industrie porno gaie en fin d’entrevue.
Bonjour Tom, merci d’avoir accepté cette entrevue avec ZIP. Pour commencer, parle-nous un peu de The Hardest Ride et de tout le fun que vous avez semblé avoir durant le tournage? Ce film semble être basé sur ton expérience personnelle, mais est-ce vraiment le cas, est-ce que tu conduis des motos et tu participes à des compétitions, etc. ?
 
Bonjour, merci de m’avoir en entrevue ! Oui, j’en fais depuis un bon bout de temps, depuis que j’ai 11 ans en fait. Mais j’ai commencé à faire du skate et du BMX de manière plus intensive que vers 20 ans. C’est un de mes amis, lorsque j’étais à Tuscaloosa en Alabama, qui m’a convaincu d’en refaire… Ensuite, j’ai été accro pour vrai cette fois-ci et je n’ai pas lâché depuis.
  
The Hardest Ride a été tourné sur le ranch de ton oncle, au Texas, est-ce que cela veut dire que toute ta famille est au courant que tu fais de la porno ? Est-ce que tu l’as dit à ta pa-renté et à tes amis depuis tes débuts dans la porno ?
 
Oui, ils le savent tous depuis un bon moment. En fait, bien des gens à l’extérieur du cercle familial et ceux qui étaient des amis proches me sont totalement hostiles (sur l’internet du moins). Mais ma famille m’aime  beaucoup et aime par dessus tout que je puisse combiner ainsi tous mes talents et mes divers aspects. Tristement, en vivant ici, je reçois encore pas mal de messages haineux venant d’anciens camarades de classe.
 
Comment as-tu exactement commencé dans la porno ?
 
À vrai dire, j’étais sur [le site] Craigslist parce que je cherchais un top dominant et un dépisteur de la défunte agence Osterfield m’a contacté à ce moment-là. J’ai été faire un tournage d’essai. De là, j’ai fait le magazine Playgirl, j’étais le «Stud from the lone star state» (le stud de l’État à une seule étoile – en référence au drapeau du Texas), puis j’ai tourné pour collegedudes 24/7 (collegedudes247.com). Ils m’ont fait signer un contrat d’exclusivité, c’était en 2011. Je crois que je venais à peine d’avoir 18 ans et j’ai travaillé dans la porno depuis ce temps-là sans arrêt.
 
Dans combien de scènes as-tu joué jusqu’à présent ?
 
Honnêtement j’ai perdu le compte, entre les tournages pour Men.com, Falcon, Kink.com, Nextdoor, menPOV (gayroom), Bromo.com, NakedSword, Fratx, Michael Lucas, Collegesdudes.com, et puis il y a aussi des prestations comme faux lutteur de porno  «soft» en tant que Josh Steele. Donc, entre tout ça il doit y avoir sûrement une centaine de scènes sinon plus... 
 
Considérant justement toutes les scènes dans lesquelles tu as joué avec plusieurs réalisateurs/producteurs et site web, y a-t-il un style ou un thème que tu aimes exploiter en particulier ?
 
Je pense que, dès le départ, j’ai été un peu «catégorisé» comme un gars surfer aux cheveux longs avec des tatouages et cela faisait bien mon affaire. Je pouvais alors être moi-même dans bien des films, ce qui était une véritable bénédiction en quelque sorte.
 
Comment est-ce que tu t’adaptes à toute cette diversité de site ?
 
En tant que professionnel, même encore aujourd’hui, je peux être nerveux lorsque je tourne avec un nouveau studio et, certaines fois, comme lorsque j’ai joué avec Cockyboys, cela peut se terminer en désastre, cette fois-là, mon partenaire est parti carrément, j’ai dû rentrer à la maison sans rien dans mes poches et frustré. Encore maintenant, je n’ai pas envie de leur parler et ce, même si je veux encore jouer avec Boomer [Banks] (car il n’était pas disponible à ce moment-là). À d’autres moments, par contre, comme avec NakedSword, ceux-ci désirent me faire donner mon 1 000 000 % et ainsi être à mon meilleur. C’est le genre d’attitude qui est gagnante et avec laquelle on remporte des prix, comme ceux que l’on a eu récemment pour Scared Stiff, c’était génial ! Chaque réalisateur est différent, mais étant un gars plutôt bi, parfois j’ai de la misère à me sentir complètement dedans et ce, même si je crois que je suis aussi bon que n’importe qui d’autre.
 
Quelle est ton opinion à faire des scènes bareback (sans condoms) ?
 
À dire vrai, je n’ai participé à des scènes bareback que quelques fois avec Juicyboys.com, Bromo.com, FraternityX.com et Lucas Entertainment et deux fois pour NextDoor. Mais de ces studios, Lucas Entertainment et FraternityX mériteraient d’être fermés pour leurs conditions de travail non sécuritaires, entre autres choses illégales qu’ils font…Mais en général, les autres studios sont assez sécuritaires et testent leurs acteurs au moins deux fois : une fois la semaine avant la scène et une 2ième une journée auparavant avec un document signé comme quoi qu’on n’a pas eu de relations se-xuelles à risque entre ces moments-là (de test). Donc, durant les six ans que je l’ai fait, je me suis senti vraiment protégé dans le sens que je n’ai jamais attrapé d’ITSS (infections transmissibles par le sexe et par le sang) même avec les scènes de bareback que je tourne régulièrement à présent que je suis plutôt vers la fin de ma carrière…
 
Comment est-ce que tu te définis, gai, bi, hétéro ou quoi ? 
 
Je déteste me définir par ma sexualité, mais si on devait absolument me définir par quelque chose, alors je suppose que je suis bisexuel, mais je déteste la «compartimentalisation» de notre monde, je préfère me définir plutôt par mon amour pour la nature, pour l’eau, pour mes motocyclettes, et surtout par mon amour pour les autres, par mon amour du sexe en général, sans frontières, et par mon amour pour ma famille. Voilà ce par quoi je me défini…
 
 
Quelles sont tes meilleures et tes pires scènes dans lesquelles tu as joué ?
 
Les tournages à Pompano Beach, à Fort Lauderdale, avec Shane de Collegedudes.com me manquent, il cuisinait pour nous chaque soir, il nous offrait d’avoir notre propre vespa pour aller sur les routes des plages. La nuit, on restait éveillé jusque très tard à siroter un verre de vin, il me racontait des histoires et me donnait des conseils – des conseils que je ne crois pas qu’à 18 ans j’avais appris à apprécier autant – mais, j’aime à encore penser à ces nuits passées avec l’odeur de l’air salin qui nous entourait et ce savoir que j’apprenais tranquillement…
 
Mes pires tournages sont certainement ceux réalisés avec FraternityX et Michael Lucas. Dans le cas de frat X, une mauvaise communication a fait en sorte que, le jour où l’on jouait, je me suis retrouvé avec cinq gars qui me fourraient au lieu de trois, avec pour résultat que j’ai donné un coup à Donny Forza après lui avoir dit plusieurs fois d’arrêter parce qu’il me faisait mal. Il y a eu aussi le récent fiasco avec Michael Lucas. Ces deux studios nous «obligent» presque à nous faire injecter du Trimex (*NDLR : le Trimex, comme du Viagra, sert à maintenir des érections plus solides, sauf qu’au lieu de cachets, il est sous forme liquide et doit être injecté directement dans le pénis) avant chaque scène. Mais je déteste cette «merde», pour moi, cela a l’effet inverse, ça gâche tout mon plaisir et toute mon énergie sexuelle, je ne le ferai jamais. Je serai d’accord si un acteur l’apporte de lui-même et qu’il l’utilise pour lui, je n’y vois pas de problème, mais la façon qu’ils [ces studios] agissent n’est pas juste et c’est contre productif. Mon partenaire dans cette scène-là, ne pouvait même pas avoir un orgasme et, le lendemain, il ne pouvait pas bander non plus, etc., il faut dire que c’était la première fois qu’il se faisait injecter [le Trimex]. En tant que professionnel, j’arrive sur le plateau de tournage et je suis déjà bandé dur et prêt et j’ai plein de sperme en réserve donc, de mon point de vue, cela est inutile de l’utiliser, par contre je suis d’accord qu’on puisse y avoir recours en dernier lieu si cela est nécessaire. Mais comme je l’ai déjà dit, si c’est l’acteur qui l’amène avec lui. Et puis ne me fait pas parler de ML [Michael Lucas] et le fait qu’il ne procède pas aux examens de dépistage pour le VIH alors qu’il fournit [lui-même] les doses de PrEP (prophylaxie pré-exposition sexuelle, généralement du Truvada) pour quatre jours à ses acteurs avant les tournages. Je suis sûr que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne lorsqu’on prend les traitements de PrEP… Mais bon, je m’arrête là…
 
Quelle serait ta scène de rêve, ton fantasme que tu aimerais tourner devant la caméra ?
 
Armond Rizzo et moi aimerions bien jouer ensemble, mais tristement après m’être répandu en long et en large sur Michael Lucas, je ne crois pas qu’aucun studio ne m’engage à nouveau puisque j’ai osé le dénoncer, quoique aucun studio ne traite les gens comme lui.
 
J’ai rêvé de faire de la porno TS (avec des transsexuels), mais après mon passage chez Kink.com, et c’est dommage d’ailleurs, personne ne m’a rappelé (NDLR : Kink.com possède trois collections avec des transsexuels – TS Pussy Hunters, TS Seduction et Shemale). Cela me désole, en tant qu’acteur, qu’avant que ma carrière se termine ainsi à 24 ans, que je n’ai pas pu étendre mon réseau plus que cela. Mais il faut dire aussi que je me sens un peu exclu maintenant, je suis trop fatigué et je n’ai pas envie de prendre des stéroïdes [comme tous les autres acteurs] ou encore de maintenir le même rythme d’aller tout le temps au gym. Je pense aussi que j’ai donné à Men.com tout ce que j’avais à offrir de ma personne et maintenant je me sens fatigué… Par contre, je dois dire que j’ai adoré travailler avec eux [Men.com]…        
 
Te considères-tu comme top, bottom ou versatile ?
 
Je suis 100% versatile, j’aime les gars d’allure plus féminine et j’aime les gars très masculins, je n’aime pas jouer au top avec des gars bâtis et masculins, ils ont tendance à faire disparaître ma queue entre leurs grosses fesses et leurs jambes musclées et mes grosses jambes ! (rire) Mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas capable de le faire, je peux toujours faire fonctionner çà !
 
Et quelle est alors ta position préférée ?
 
J’aime la position que l’on appelle le «cowboy renversé» (le gars avec la tête en bas et exposant son anus à son partenaire), cela ne peut qu’être satisfaisant que d’avoir un beau cul qui se présente à toi, j’adore de tels trous béants. Cela a toujours été une des mes positions favorites.
 
Est-ce que tu as déjà tourné des trucs fétiches et jusqu’où pourrais-tu aller dans la porno ?
 
J’ai joué dans la collection Femdom (domination d’une femme sur un homme) pour Kink.com. Mais à la maison, j’aime bien les jeux avec des objets de chasteté, d’ailleurs c’est chez Kink.com que j’ai appris ça, et ça m’excite bien. Mais sincèrement, le plus je fais de la porno, le plus j’apprécie de tourner dans un lit bien ordinaire, tu comprends ce que je veux dire… (rire)
 
À part la porno et les motocyclettes, que fait Tom Faulk, est-ce que tu as d’autres passions, des hobbies, etc. ?
 
Je joue en ligne à SKYRIM Elder scrolls sur ma Xbox Live. Mon nom de "GamerTag" en ligne sur la Xbox est LTevilangel (evilangel, comme le site porno du même nom –evilangel.com), c’est Colby Jansen [un autre acteur porno] qui m’a introduit à ce jeu auquel je suis maintenant accro ! C’est tellement hot!  La semaine dernière, j'ai dépassé tous les classements dans les champs de batailles en ligne dans le jeux de Elder Scrolls.  Un autre jeu fait pas Bethesda que j’aime beaucoup c’est Fallout 4, il y a plein d’ajouts, de mises à jour et de combos qui me permettent de créer autant que je le souhaite une nouvelle façon de jouer à chaque fois dès que je me connecte en ligne. 
 
J’aime aussi fabriquer des motos (hot rods) avec mon papa, mais il est en train me battre là-dessus puisque ma nouvelle maison occupe beaucoup de mon temps, ce qui me retarde dans mon projet de moto de course et on dirait que ce n’est pas avant le printemps prochain que ce sera prêt. Mais ça va pour moi, je ne m’en fait pas trop à ce sujet. Avec mon père, on fait aussi beaucoup de pêche et du kayak. J’effectue aussi tranquillement un retour aux études, j’aimerais pouvoir travailler dans les assurances comme représentant et posséder un diplôme pour accompagner les toxicomanes et les alcooliques [dans leurs thérapies].
 
Est-ce que tu es très actifs sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Snapchat, etc.) à informer tes fans de ce que tu fais ?
 
Surtout Twitter et only fans, tomfaulkxxx sur Twitter, only fans, et tomfaulkactual sur Snap et Instagram. 
 
Quels sont tes futurs projets ?
 
Dans ma nouvelle maison, j’ai aménagé mon propre studio et j’ai recruté une fille et deux gars déjà pour tourner mes propres vidéos autant gais que straights, je vais faire ça pour le reste de l’année, soit jusqu’à ce que mes études soient terminées. J’espère que cela va fonctionner. Ma carrière devant les caméras est terminée. Je fais de la photo aussi et j’aimerais bien me perfectionner et en faire pour un grand studio de film un jour, ou prendre des photos pour le simple plaisir, c’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. Mais être bohème a toujours été ma priorité durant les six dernières années, [alors maintenant c’est le temps de passer à autre chose].
 
Merci beaucoup Tom, pour cette magifique entrevue!
 
 
Photos : MEN.COM
 
Visitez notre nouveau site MonZip.com