Place au Village

Le Village et ses boutiques de vêtements, la suite

André-Constantin Passiour
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boutique osez

Le Village gai de Montréal est perçu bien souvent comme un quartier où l’on ne retrouve que des bars, des cafés et des restaurants avec quelques épiceries et pharmacies. À y regarder de plus près, c’est bien plus que ça…et depuis fort longtemps !

En plus des commerces proposant des vêtements plus fétiches (comme Priape, Armada par The Men’s Room ou encore Urs WearBear) ou de sports (WOD Sports, sur Amherst), on compte également dans le Village cinq boutiques : le designer Dinh Ba, Évolution Homme par Joe Bloe, Boutique Osez ainsi que les succursales de Bedo et Ernest. 
 
Le mois dernier, nous vous avons parlé de Dinh Ba et de la boutique Bedo. Dans cette deuxième partie, nous avons sondé les boutiques Osez, Évolution et Ernest. Ce dernier est le doyen des magasins de vêtement dans le secteur, puisqu’il est installé dans le quartier depuis 1958.
 
Certains propriétaires de commerce, comme ceux de Osez et Évolution – qui a célébré d’ailleurs son 24e anniversaire en novembre –  croient tellement au Village et à son avenir qu’ils ont acheté l’édifice dans lequel ils logent pour s’assurer de la stabilité de leur entreprise… 
 
Simon Leclerc est propriétaire de Osez, sur la rue Wolfe (tout juste au sud de Sainte-Catherine), depuis 10 ans maintenant. De LUCKY 7 à Ginch Gonch, de Calvin Klein à Diesel à PUMP!, des sous-vêtements aux «hoodies», en passant par des jeans, des chaussures de sport et des chemises, on trouve de tout dans ce mignon commerce de 900 pi2 environ. 
 
«Nous avons une clientèle régulière. On essaie de se positionner avec ce qui est à la mode à chaque année. On essaie aussi de faire affaire avec des compagnies qui ont des sièges sociaux ici, pour appuyer ainsi l’économie locale et canadienne. Nous offrons une belle qualité de produits et c’est pour cela que nous avons une clientèle fidèle qui nous suit et c’est aussi pour ça que Osez est en croissance de manière constante», indique Simon Leclerc qui a commencé chez Osez à l’âge de 20 ans ! 
 
Il y a huit ans, Simon Leclerc a saisi l’opportunité d’acquérir l’édifice dans lequel loge Osez. «Les loyers commerciaux augmentent de façon incroyable dans le secteur, je voulais régulariser la situation et la seule manière de le faire était d’acheter le building. Bien sûr, ce n’est pas tout le monde qui a cette occasion…», commente-t-il. «Le Village est en changement, c’est certain, poursuit Simon Leclerc. Mais j’y vois du positif. Depuis quelques années, à partir d’avril, on a beaucoup de clients et ça ne lâche pas. Mais il faut aussi s’ajuster, s’améliorer pour offrir aux clients ce qu’ils désirent. En plein été, je ne tiendrai pas de stock pour l’hiver alors qu’on célèbre la Gay Pride, par exemple. Il y a, également, de plus en plus de touristes qui apprécient Osez. C’est un défi constant que de s’adapter aux tendances, mais c’est très intéressant aussi», dit Simon Leclerc dont la boutique possède aussi un site transactionnel : boutiqueosez.com.   
 
Oui, vous avez  bien lu plus haut, «Évolution Homme par Joe Blo» a fêté ses 24 ans ! «Je ne pensais jamais que l’engouement pour le style vestimentaire que je propose durerait aussi longtemps», s’exclame presque Stéphane Wilford, le propriétaire d’Évolution, un commerce d’environ 1 000 pi2 sur Sainte-Catherine près de Plessis. Designer manufacturier, Stéphane Wilford présente souvent des nouveaux designers européens, italiens principalement, des quantités limitées, ce qui lui permet d’être exclusif. Des vestes en cuir aux souliers trendy et distinctifs, des boucles de ceintures audacieuses aux jeans en passant par des chemises colorées, Évolution invite les «fashionistas» à faire le détour par le Village. «C’est souvent unique et c’est ça ma force !», affirme Stéphane Wilford qui respire beaucoup mieux maintenant qu’il est propriétaire de la bâtisse qui abrite son commerce. «Étant propriétaire, j’ai une vision à long terme pour le Village à présent, cela a stabilisé les choses pour moi. Il y a cinq ans, j’ai été chanceux de pouvoir acheter l’édifice situé à seulement quatre portes d’où je louais et devenir ainsi propriétaire. Ce déménagement a été bénéfique, mon entreprise fonctionne bien. Vous savez, on ne peut pas travailler que pour payer le loyer. Par contre, la taxe d’affaires de la Ville est énorme pour un petit commerçant comme le mien, la Ville devrait nous aider et non nous nuire…», explique M. Wilford.
 
evolution
 
«J’ai confiance en l’avenir pour le Village, celui-ci reprend du poil de la bête, on a vu récemment l’ouverture du District Video Lounge, du Pacha Mama juste à côté, c’est bien, fait remarquer Stéphane Wilford. Mais il y a encore trop de locaux vides. Tant que les loyers seront aussi chers, cela empêchera de jeunes entrepreneurs de venir s’ins-taller.»
 
Pour la petite histoire, autant Évolution que Osez ont remporté le prix dans la catégorie «vitrine», dans le cadre de l’événement estival Aires Libres !
 
Après avoir passé 27 ans de sa vie chez Polo Rico, une boutique de vêtements pour hommes sise à la Place Dupuis et qui a fermé il y a quelques années, Philippe Cadieux est maintenant gérant chez Ernest  (à l’angle de Sainte-Catherine et de Saint-Hubert). 
 
Cette boutique fait partie des 38 magasins que compte Ernest au Québec. Du soulier au manteau d’hiver en passant par la chemise et le veston ou un jeans, Ernest «vise l’homme d’aujourd’hui qui recherche le confort et un look décontracté, même s’il porte un complet», explique Philippe Cadieux. 
 
Pour ce magasin de la chaîne Ernest, qui a pignon sur rue, la clientèle se compose à 80% de clients réguliers qui se constituent à 50% d’une clientèle locale et d’environ 20% à 25% de touristes. Ernest bénéficie aussi de l’affluence causée par la station de métro Berri-UQAM, à quelques pas de la boutique… «Ernest est là pour rester ! On croit beaucoup dans le développement urbain du quartier. Avec l’arrivée des tours à condos qui se construisent et qui vont continuer avec le développement du secteur de Radio-Canada, avec le CHUM qui s’est installé non loin, le Village a de l’avenir. La piétonisation d’Aires Libres, l’été, a amené une certaine diversité qui a fait du bien au quartier», a remarqué Philippe Cadieux qui dirige en ce moment une équipe de cinq employés. 
 
Ernest
 
Entreprise familiale, Ernest est pilotée par les deux enfants du fondateur, soit Mark Anthony Iarrera, le président, et sa sœur Carolyn, la directrice marketing. «Ce sont des Montréalais, ils connaissent bien le marché et les clients et ils nous appuient très bien», affirme le gérant de ce magasin qui s’étend sur 1 800 pieds carrés environ. 
 
« Les commerçants de ce secteur remarquent en général que la sécurité s’est améliorée depuis les deux dernières années, ce qui contribue définitivement à l’avenir du Village. Il est tout à son honneur pour Montréal de conserver la beauté et la richesse de ce quartier qui demeure une destination touristique reconnue mondialement »,