Entrevue avec philippe Caouette

En mode drag

Julie Vaillancourt
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philippe Caouett

En 2015, Philippe Caouette entreprend la création d’un blogue sur l’univers des drag queens, dans le cadre d’un travail universitaire en journalisme. Deux ans plus tard, le jeune homme continue d’entretenir sa plateforme virtuelle, mais aussi sa passion grandissante pour le milieu des drag queens montréalaises. ENTREVUE.

philippe Caouette« Ça faisait un certain temps que les drags étaient récurrentes dans mes travaux. Une part de moi avait une curiosité à assouvir et j’ai profité de chaque occasion pour aborder le sujet », explique d’emblée Philippe Caouette, au sujet de la création de son blogue En mode drag.
 
Avec un premier dossier sur la retraite chez les drags, Philippe mettait l’emphase sur le caractère plus informatif et sérieux de sa plateforme, au contraire de nombreux blogues people sur le sujet, où le contenu laisse souvent à désirer. Le blogueur se rappelle d’ailleurs, sa première performance en drag, au Cabaret Mado, lors d’une levée de fonds pour son site web: « J’en ai fait le sujet d’un article sur mon blogue, car j’ai pu constater la différence entre la perception qu’on a de la performance et ce que c’est réellement lorsqu’on la vit, sur scène. »
 
Pour celui qui a étudié en création littéraire et scénarisation, les notions de personnage de fiction et d’alter ego n’ont plus de secrets, ce qui lui permet de comprendre l’univers des drags: «C’est d’abord l’aspect du personnage qui m’a charmé, mais il y a tout un univers complexe qui en découle. Quand j’allais voir des spectacles de drags, je me suis rendu compte que je n’étais plus un spectateur passif; j’analysais toujours et j’avais comme un besoin de justifier ou d’intellectualiser.»
 
Ainsi, En mode drag explore l’univers des drag queens et Philippe Caouette les amène à se dévoiler, au-delà de leur personnage: «Je ne les rencontre jamais en drag, mais en tant qu’individu. Dans ce contexte, j’ai plus affaire au garçon ou à la fille qui va parler de son alter ego, donc c’est plus un témoignage sur un personnage. J’amène la réflexion à un autre niveau.»
 
D’ailleurs, une section du site web propose des entrevues invitant une drag ainsi qu’une personne qui ne l’est pas à s’exprimer sur un thème les unissant: «C’est une occasion de constater comment tel ou tel sujet est perçu dans deux milieux différents. Chaque année j’essaie de renouveler l’offre dans la section entrevue. Par exemple, la première année c’était avec les artisans du milieu, donc ceux qui travaillent de près avec les drags et cette année c’est la rencontre d’une drag et d’un artisan avec lequel elle a une proximité. »
 
Si le site web comprend aussi des portraits de drags et des critiques de spectacles, Philippe Caouette à lancé cet automne des «soirées rencontres» avec les drags, une occasion unique de conjuguer son initiative virtuelle au monde réel: «Derrière mon blogue, je suis seul et mes articles assouvissent d’abord ma curiosité, mais je voulais aussi prendre le pouls du public et voir où je peux amener mon blogue. » Ces soirées gratuites de deux heures ayant lieu au Centre Communautaire LGBTQ+, tous les troisièmes mercredis du mois à compter de janvier, offriront «l’opportunité aux gens de poser leurs questions et d’offrir une tribune aux drags dans un contexte différent de celui des spectacles», conclut Philippe. «Puisque les drags ne sont pas dans leur personnage, les soirées créent une proximité et incitent à la discussion.
 
Les gens de tous âges et horizons sont invités à venir rencontrer les drags et échan-ger, sans filtre» et sans faux cil! 
 
Pour plus d’infos visitez le site web: enmodedrag.com/ 
La soirée rencontre avec les drags aura lieu le 17 janvier, de 19h30 à 21h30,
au Centre Communautaire LGBTQ+ (2075 Plessis, Montréal).