Du 24 au 27 janvier 2018

«Résistances plurielles» ou résister aux normes

Denis-Daniel Boullé
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 Résistances plurielles
Photo prise par © Veronique Mystique

Un programme triple, Résistances plurielles, sera présenté pour quatre soirs à l’Agora de la danse illustrant combien la danse contemporaine peut-être une résistance aux normes, à celles de la danse bien sûr, mais à celles imposées dans nos sociétés. Trois chorégraphes ont été invités ce triple programme, Mélanie Demers, George Stamos, et Peter Quanz, qui se déroulera dans trois lieux différents, un stationnement fermé, une salle de répétition et la salle orange de l’Agora de la danse.

Pour George Stamos, la liberté du mouvement constitue une    résistance à toutes les formes oppressives qui nous entourent. «On peut considérer le mouvement comme par exemple, la force nécessaire pour déplacer une table, ou bien aussi s’appuyer sur la table, et petit à petit la déplacer. En ce sens, la résistance peut s’inscrire dans la patience, la lenteur sans avoir besoin de poser des gestes, des mouvements qui soient d’une grande ampleur, explique-t-il en entrevue, une résistance aussi par rapport aux critères formels de la danse, d’où l’idée de créer une autre relation avec le public en organisant l’espace différemment. Cela donne aussi une toute expérience pour le spectateur». Oublions ici l’ins-tallation d’une salle à l’Italienne avec une scène face à la salle pour une plus grande proximité entre les danseurs et les spectateurs. Des expériences que d’autres ont déjà menées et qui redéfinissent notre relation à la danse. La chorégraphie pour George Stamos, est comme un chemin qui doit être parcouru chaque fois. « Si le chemin reste le même, chaque soir propose une perception de ce chemin différente, comme dans la vie, affirme-t-il, tout comme les danseurs ne sont pas des robots qui répètent automatiquement et sans le moindre écart des mouvements et des gestes appris. Il faut que l’émotion soit présente, que l’émotion de chacun se ressente ». 
 
Bousculer les barrières, entre autres, par le choix des lieux de représentation, comme le stationnement, une autre façon de découvrir l’univers de la danse contemporaine, bien loin de l’aspect trop formel qui est souvent véhiculé dans les médias et qui pourraient être un frein pour des spectateurs. 
 
Pour Frédérique Doyon, initiatrice de ce projet, il était important de montrer comment la résistance peut s’inscrire dans la chair, dans le corps des danseurs, tout comme il s’agissait d’inviter les spectateurs à être intimement, par des configurations scéniques différentes, amené vers les processus évolutifs et créatifs des chorégraphes. « On sort des sentiers battus d’une danse et d’une gestuelle conventionnelle pour s’ouvrir vers une danse capable de se valoir par elle-même, loin des registres et codes habituels », confie Frédérique Doyon. 
 
Trois propositions aussi différentes que complémentaires qui nous permettent de découvrir des univers et des façons de concevoir le mouvement et la gestuelle dans différentes singularités. Mélanie Demers présentera Icône Pop, une représentation de la femme dans toutes ses dimensions et perceptions différentes, entre le profane et le sacré. Puis George Stamos et ses danseurs s’installeront dans la Salle orange de l’Agora avec Recurrent Measures, autour de la résilience et sur l’hyper activité et l’hyper performance qui viennent souvent nous hanter. Enfin, Instant Community de Peter Quanz où l’image et le son sont convoqués autant que la danse et que les spectateurs. 
 
En tombant littéralement dans Résistances plurielles, les spectateurs non seulement auront un aperçu de l’immense champ que la danse peut encore explorer, mais aussi pourront ressentir autrement que par leurs yeux ce qu’elle nous dit sur nous-mêmes, sur nos corps et la place qu’ils occupent dans nos vies.
 
Résistances plurielles à l’Agora de la Danse, du 24 au 27 janvier 2018 :  Icône Pop de Mélanie Demers, Recurrent Measures de George Stamos, Instant Community de Peter Quanz.