Tunis

La différence est la bienvenue dans le premier festival queer en Tunisie

Jacques Corbier
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Dans une société où l'homosexualité reste illégale et réprouvée, une douzaine de films sont au programme du premier festival cinématographique queer en Tunisie, qui veut à travers l'art faire une place aux minorités sexuelles et défendre leurs droits.

Ce festival de quatre jours, le premier du genre dans le pays, a débuté lundi à Tunis. Il est organisé par une association tunisienne du nom de Mawjoudin, qui défend les droits des personnes LGBT. « À travers ce festival, nous voulons donner un espace aux personnes queer en général pour échapper à la pression sociale et pouvoir s'identifier à quelque chose, trouver un moyen de s'exprimer », explique Senda Ben Jebara, membre de l'organisation. 

On y a diffusé, entre autres, des courts-métrages de 15 à 20 minutes, réalisés en Tunisie et dans tout le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord et dans lesquels on « aborde les questions de la sexualité, de l'identité et de l'expression du genre », explique Senda Ben Jebara. « Nous nous battons non seulement légalement, mais aussi à travers l'art. » Le message est « que nous sommes différents, mais nous existons et que la différence est la bienvenue ici », ajoute-t-elle.

Depuis la révolution de 2011, les militants LGBT sont sortis de l'ombre en Tunisie, mais leur condition reste très précaire, du fait d'un rejet social encore violent et d'une législation hostile. L'article 230 du Code pénal condamne ainsi l'homosexualité d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison.

En décembre, une webradio destinée à la communauté LGBT, la première du genre dans le monde arabe, a vu le jour en Tunisie pour défendre les droits des minorités sexuelles. Lancée par l'association Shams, l'un des porte-drapeaux de la communauté LGBT dans le pays, la radio « Shams Rad » vise, selon son directeur Bouhdid Belhadi, à « sensibiliser (...) citoyens ordinaires et décideurs politiques à l'homophobie de la société et à défendre les libertés individuelles ». Mais l’expérience pourrait être de courte durée, une procédure légale officielle est en cours visant sa fermeture.