Homophobie / Sexisme

Huit hommes jugés pour avoir frappé des Femen lors d'une manifestation antimariage gai

L'agence AFP
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Huit hommes, parmi lesquels des militants d'extrême droite sont jugés à partir de mercredi à Paris pour des « violences en réunion » à l'encontre notamment de membres du mouvement féministe Femen, lors d'une manifestation de catholiques opposés au mariage homosexuel en 2012.

Ce 18 novembre 2012, neuf militantes des Femen s'étaient invitées dans une manifestation organisée à Paris par l'institut Civitas, proche des catholiques intégristes, au début de la vague de contestation contre la loi autorisant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels.

Seins nus et recouverts par des slogans, comme à chacune de leurs actions, un voile sur la tête, telles des religieuses, les militantes du mouvement ukrainien avaient fait irruption au milieu des manifestants - dont certains étaient en soutane ou brandissaient des crucifix - en compagnie de l'essayiste Caroline Fourest et d'une photographe.

Sur leurs corps figuraient des inscriptions telles que « In gay we trust » (« Nous croyons en l'homosexualité », parodie de la devise américaine « In God we trust », « Nous croyons en Dieu »), « fuck church » ou « occupe-toi de ton cul ».

Sur de petits extincteurs domestiques, d'où pouvait jaillir une semence métaphorique du Christ, on pouvait lire « holy sperm » ou « Jesus' sperm » (« Saint sperme », « Le sperme de Jésus »).

Les intruses avaient alors été violemment prises à partie, frappées et pourchassées par des manifestants. Caroline Fourest avait décrit « une trentaine » d'agresseurs, répartis en « plusieurs petits groupes de durs ».

Les prévenus, âgés de 27 à 58 ans, dont l'un était membre du service d'ordre de Civitas et au moins deux sont des militants d'extrême droite, ont notamment été identifiés grâce aux vidéos tournées lors de cette manifestation très médiatisée.

Au cours de l'enquête, ils ont nié toutes violences physiques pour certains, minimisé leur implication pour d'autres. Le plus notoire d'entre eux, Logan Djian, un militant d'extrême droite de 28 ans, détenu dans un autre dossier, ne devrait pas être présent en raison de « problèmes de santé », selon une source proche du dossier.

« Nous espérons que la justice reconnaisse les violences exercées sur les militantes Femen lors d'une action non violente, uniquement dans le but de rappeler leur position sur le mariage pour tous », a déclaré à l'AFP Michaël Ghnassia, qui défend cinq d'entre elles avec Valentine Rebérioux.

A l'époque, le président de Civitas Alain Escada s'était insurgé contre la « désinformation institutionnelle », accusant les Femen d'avoir attaqué les membres de l'institut.

Une association de catholiques traditionalistes, l'Agrif, avait attaqué six de ces militantes pour injure au cours de cette manifestation. Elle avait été déboutée. Le procès doit durer jusqu'à vendredi.