France

Les personnes LGBTI se sentent discriminées dans leurs parcours de soins

L'agence AFP
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Plus de la moitié des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bis, trans et intersexes) se sont déjà senties discriminées lors d'un parcours de soins, révèle une étude publiée mercredi.

Les chercheurs se sont penchés sur la santé des LGBTI souffrant de cancer ou de problèmes de poids et des personnes LGBTI mineures scolarisées car "la santé des LGBTI ne doit pas se résumer à la santé reproductive et sexuelle", selon Arnaud Alessandrin et Johanna Dagorn, sociologues et co-auteurs de l'enquête.

"On n'a pas constaté de refus de soins mais l'activation de stéréotypes qui ont des conséquences directes sur l'efficacité des soins", a déclaré à l'AFP Arnaud Alessandrin, dont les travaux ont été financés par la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme et la haine anti-LGBT).

"Les médecins ont souvent des représentations hétéronormatives qui n'incluent pas la diversité de leurs patients en termes de sexualité et de genre", a-t-il ajouté.

Par exemple, "les lesbiennes craignent de tomber sur des gynécos qui ne comprennent pas leurs problèmes, les gays ont du mal à parler de dépistage pour le VIH avec leurs médecins généralistes et les trans vivent dans la suspicion d'un monde médical maltraitant ou incompétent", a détaillé le chercheur.

Par conséquent, "40% des personnes LGBTI n'ont jamais parlé de leur identité de genre ou de leur sexualité" à leurs médecins, souligne l'enquête menée auprès de 1.147 personnes.

Parmi les personnes qui ont déclaré avoir subi des discriminations, près de la moitié (46%) disent avoir perdu confiance en elles, 27,6% ont préféré changer de médecin, voire interrompre leurs soins (14,3%).

"La rupture de soins est encore plus marquée avec les LGBTI pauvres, en surpoids et 'racisés'", a constaté Arnaud Alessandrin. S'agissant des mineurs scolarisés, "moins de 9% des LGBTI qui ont été discriminés en ont parlé aux adultes présents dans l'établissement", relève l'étude.

"L'école n'est pas un lieu de défense des LGBTI" et "le collège est le moment où les discriminations sont les plus fréquentes", a conclu Arnaud Alessandrin.