Région de Québec

Le MIELS-Québec endosse la stratégie I = I

Éric Whittom
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Patrick Labbé de MIELS-Qc
Photo prise par © Éric Whittom

Le Mouvement d’information et d’entraide dans la lutte contre le VIH-sida à Québec (MIELS-Québec) endosse la stratégie indétectable égale intransmissible(I = I) de la coalition Prevention Access Campaign. Cette communauté mondiale sur le VIH regroupe des défenseurs des droits, des militants, des chercheurs et près de 525 partenaires communautaires de 70 pays. 

«?Une personne séropositive qui prend sa médication antirétrovirale correctement tous les jours et qui maintient une charge virale indétectable ne pourra pas transmettre le VIH lors de n’importe quelle activité sexuelle?», explique Patrick Labbé, intervenant au secteur Prévention du MIELS-Québec.  Ce dernier se base sur des informations de CATIE – La source canadienne de renseignements sur le VIH et l’hépatite C. Sur son site, CATIE apporte les précisions suivantes : «?En 2016, les résultats finaux de deux grandes études internationales – PARTNER et HPTN 052 – ont été publiés. Pendant ces études, aucune transmission du VIH ne s’est produite entre les partenaires sexuels sérodifférents [un séropositif et l’autre séronégatif] lorsque le partenaire séropositif suivait un traitement et qu’il avait une charge virale indétectable?». Toujours selon CATIE, une personne doit avoir toutefois «?au moins deux résultats indétectables consécutifs avant de [se] fier à cette stratégie?» et «?l’observance thérapeutique est essentielle?». 

L’intervenant du MIELS-Québec ajoute que les personnes doivent continuer d’utiliser les divers moyens de prévention contre les ITSS (p. ex. condom, lubrifiant, dépistage régulier, PrEP, etc.). «?Lorsqu’on parle de partenaires occasionnels, on ne connaît pas l’observance au traitement de la personne séropositive et son statut sérologique. De plus, il y a un risque de contracter d’autres ITSS, comme la gonorrhée, la chlamydia ou la syphilis.?»  

À certaines conditions selon la Direction de santé publique 

La Dre Nathanaëlle Thériault, médecin-conseil à la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale, convient que le risque transmission du VIH peut être «?très faible ou négligeable?», mais à certaines conditions. Elle se base sur le rapport de l’Institut national de santé publique du Québec intitulé Consensus d’experts : charge virale et risque de transmission du VIH (mai 2014). Ces conditions sont les suivantes : une charge virale indétectable durant au moins six mois et mesurée à deux reprises, une adhésion au traitement antirétroviral d’au moins 95 %, un contexte de relation stable et exclusive, une absence d’ITSS chez les deux partenaires et un suivi médical avec un counseling sur les méthodes de prévention sur une base régulière. 

«?Le fait de prendre un traitement antirétroviral pour le VIH ne change rien au risque d’attraper d’autres ITSS, souligne-t-elle également. De plus, une autre ITSS en concomitance avec le VIH ne donne pas nécessairement de symptômes, mais elle peut faire augmenter la charge virale. C’est pour cette raison qu’il faut avoir une absence d’autres ITSS. Dans la vraie vie, sans port du condom, ce n’est pas facile à assurer en dehors d’une relation stable et exclusive.?»

Les personnes qui souhaitent obtenir davantage de renseignements ou qui désirent prendre un rendez-vous pour un dépistage d’ITSS sont invitées à communiquer avec MIELS-Québec via sa ligne Info-VIH (418 649-0788)