Maison Plein Coeur

Maintenir le rythme malgré des pertes de financement

Sébastien Thibert
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Depuis le 1er décembre 2017, Maison Plein Cœur est en campagne de financement afin de les aider à accomplir pleinement sa mission d’aide directe aux personnes vivant avec le VIH-SIDA (PVVIH) à Montréal. Cette campagne s’avère critique pour eux.

Maison Plein Cœur devra faire face à un défi de taille au cours de la prochaine année, suite à la perte de deux sources fiables de financement. Non seulement ils perdent 12 000 $ de la Fondation Farha qui a récemment fermé ses portes, mais ils perdront aussi 96 000 $ de l’Agence de la santé publique du Canada — son 2e bailleur de fonds en importance, sur lequel ils comptent depuis 1995 – dû à un virement inattendu et encore aujourd’hui inexpliqué, de leurs priorités. La perte de ces deux sources importantes de financement crée un manque à gagner de 108 000 $ annuellement.

Près de 1 000 interventions essentielles seront touchées par cette coupure. Ceci met en péril la capacité de la Mason Plein-Coeur de continuer à offrir plusieurs de ses programmes ainsi que des ser-vices essentiels et uniques pour les PVVIH.

Un exemple de ce qui distingue Maison Plein Cœur est le fait que ses portes sont restées ouvertes durant la période des Fêtes, incluant même le 25 décembre et le 1er janvier, un des rares organismes communautaires à le faire. Le jour de Noël, l’organisme a accueilli des PVVIH qui sont parmi les plus isolées et qui ont partagé un dîner festif ensemble. «Nous savons que la période des Fêtes est parfois particulièrement difficile pour des personnes vivant avec le VIH-SIDA car elles ne sont peut-être plus en contact avec leurs proches dû au rejet et à la stigmatisation. Nous sommes très fiers et heureux de rester ouvert afin de passer la journée tous ensemble», explique Chris Lau, directeur général de l’organisme. «Même nous perdons 20% de notre budget global dans quelques mois, notre mission est d’être là pour les gens et nous ferons tout notre possible afin de maintenir nos programmes et services».

Pour cela, sa campagne «Maintenons le rythme!» a pour objectifs non seulement de ramasser 20 000 $ pour contrer partiellement à l’éventuel perte de financement mais, aussi, de remettre la question du VIH-SIDA de l’avant en sensibilisant le grand public au fait que le VIH-SIDA est tout aussi pertinent aujourd’hui qu’il y a 25 ans. Les avancées médicales font en sorte que les gens meurent moins, vivent plus longtemps et généralement, ont une meilleure qualité de vie. Par contre, à chaque année, il y a encore des personnes nouvellement diagnostiquées à Montréal, la Maison Plein Coeur accueillent régulièrement de nouvelles PVVIH. De plus, leurs besoins sont multiples : santé mentale, dépression, stigmatisation, margina-lisation, isolement social, pauvreté, juste pour en nommer quelques-uns.

Sa campagne encourage le grand public à les aider à maintenir le rythme de leurs services en faisant un don mais, aussi, pour les aider à sa diffusion en créant une vidéo de danse sur leur chanson préférée, en «taguant» cette vidéo avec les mots-clic de la campagne (#rythmeMPC et #beatMPC) et en «taguant» 5 de leurs amis pour leur lancer le même défi.

Dans les cinq premières semaines de la campagne, plus de 12 000 $ a déjà été ramassés en dons et plusieurs vidéos ont été créées sur les médias sociaux. Cette campagne se terminera vers la mi-février.

maisonpleincoeur.org/#video