Roman

Sobek, confession d’un meurtrier

Benoit Migneault
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Mark Taylor éprouve une fascination étrange, pour ne pas dire morbide, pour les crocodiles. Il suffit de lire la description qu’il en fait pour réaliser que cet attachement va bien au-delà du simple respect ou de l’admiration pour une mécanique bien arti-culée. Au contraire, une sensualité déconcertante se distille au sein de chacun des regards qu’il y porte.

Le décès de son père, puis de sa mère, va éventuellement rompre la rigueur des interdits mis en place et plus rien ne s’interpose bientôt devant son rêve : posséder son propre croco. Riche héritier de la fortune familiale, rien ne s’oppose à l’ingéniosité dont il fait preuve pour arriver à ses fins. Il prend éventuellement possession d’Isolde, un crocodile femelle envers laquelle volupté et lasciveté se développent bientôt. Une relation d’autant plus étrange dans son intensité qu’elle est issue d’un homme qui n’éprouve de désir que pour d’autres hommes. Cet amour carnivore s’abîme progressivement puisque, on s’en doute, notre lézard ne se nourrit pas que d’amour et d’eau fraiche et que certains esprits curieux se demandent se qui se passe au cœur de cette mystérieuse demeure perdue dans les montagnes. Il faut donc faire taire les langues par trop pendues!

 

Un pavé de 400 pages qui nous présente les mémoires d’un homme malmené par la vie, que ce soit par son père, par sa mère ou par ses proches, et qui paradoxalement ne semble éprouver réconfort que dans l’« étreinte » d’un animal à sang froid. C’est avec adresse que l’auteur, Michto Rex, nous fait pénétrer dans l’univers décalé de Mark pour lequel le lecteur valse entre compassion et répulsion. Disponible en format imprimé ou électronique.

SOBEK, confession d’un meurtrier / Michto Rex. [France] : Atramenta. 400p.