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Bo, journaliste transgenre à la télé flamande, renforce le combat pour une société plus inclusive

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Bo Van Spilbeeck, journaliste de la chaîne VTM très connue en Flandre, est apparue cette semaine en tant que femme. Elle a rendu public son changement de genre afin d’aider les autres personnes dans son cas. Cet acte courageux tend à faire progresser l’acceptation des personnes transgenres. Son « coming-out » a suscité un afflux de réactions positives, ce qui est très encourageant pour la communauté LGBT+. 

Le PTB et Mix, son mouvement LGBT+ (lesbiennes, gais, bisexuel.es, transgenres et toutes les autres personnes dont l’identité ne correspond pas au schéma homme/femme hétérosexuel.le), soutiennent en Belgique un indispensable combat pour des droits égaux et pour l’acceptation de la diversité existante.

Vivre prisonnier d’un corps qui ne correspond pas à qui l’on est vraiment : pour quelque 30 000 Belges, dans toutes les couches de la société, c’est une réalité quotidienne. Depuis des années, ce groupe peu visible lutte pour des droits égaux et pour être accepté.

En Belgique, la situation est consternante, et les chiffres montrent à quel point cette lutte est nécessaire. 62 % des personnes transgenres doivent affronter la « transphobie » sur leur lieu de travail et n’y ont que peu de chances de pouvoir progresser. Près de deux personnes transgenres sur trois ont envisagé le suicide et 40 % ont fait au moins une tentative. La raison principale : les discriminations et l’intolérance. Ces chiffres inquiétants montrent que l’acceptation de ces personnes est loin d’être atteinte. Toutefois, l’afflux de réactions positives suite à la transition de Bo donne de l’espoir.

L’amélioration progressive de ces dernières années ne tombe pas du ciel. En effet, les associations LGBT+ luttent depuis très longtemps pour leurs droits. En mai 2016, à l’occasion de la Belgian Pride, 60 000 personnes avaient défilé dans les rues de Bruxelles pour exiger la suppression de la législation discriminatoire en vigueur. Celle-ci imposait d’abord une opération aux personnes transgenres avant de pouvoir faire consigner leur changement de genre sur leurs papiers. Ces actions communes de toutes les associations LGBT+ ont été couronnées de succès : depuis le 1er janvier 2018, de lourdes opérations ne sont plus obligatoires.

L’avancée obtenue par le mouvement est très encourageante, mais les réactions négatives de la droite conservatrice montrent toutefois que le rejet est encore important. Par ailleurs, la loi sur les transgenres entrée en vigueur au début de cette année comporte des défauts qu’il est urgent de corriger. De plus, les coûts médicaux peuvent être très élevés et le temps d’attente pour une opération peut aller jusqu’à cinq ans.

 

Mais, heureusement, les associations ne baissent pas les bras. Avec l’association « Genre Pluriel », les coupoles flamande et francophone des associations LGBT+ ont introduit une requête auprès de la Cour constitutionnelle pour modifier la nouvelle loi. Et elles poursuivent bien sûr leur combat quotidien pour faire disparaître l’homophobie et la transphobie et luttent contre la discrimination à tous les niveaux.

Mix et le PTB soutiennent ce combat et agissent également de leur côté. Le débat « Trefpunt Trans » qui a eu lieu en septembre dernier à ManiFiesta a été une première étape dans la mise au point de nos objectifs prioritaires pour l’avenir, une phase importante bientôt achevée. Car construire une société dans laquelle chacun peut être vraiment lui-même ne peut se faire que d’en bas. 

 Sources : RTBF et 20 minutes