Montréal

Un professeur de cégep suspendu pour des propos homophobes

Ici Radio-Canada
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Une enseignant de philosophie a été suspendu du Cégep du Vieux Montréal en attente d'éventuelles sanctions, nous apprenait ce matin Radio-Canada. La direction reproche au professeur Jean Laberge des propos homophobes tenus en dehors de l'établissement, notamment sur sa page Facebook.

Fervent catholique, de droite, Jean Laberge est un professeur controversé qui se qualifie lui-même de « mouton noir » du Cégep du Vieux Montréal. Depuis plusieurs mois, ses publications dérangent des étudiants et des collègues. Que ce soit sur Facebook ou sur le site web du Huffington Post, où il tient un blogue. C'est un texte publié le 17 janvier sur son compte Facebook qui a provoqué la réaction de la direction du cégep. Jean Laberge y exprime son « aversion » et « avoue avoir du dégoût pour les homosexuels ». Il parle de sa « peur » et son incompréhension de l'homosexualité, même s'il précise qu'il la « respecte ».

Le professeur a été suspendu mardi dernier, le temps de faire enquête. Il sera entendu par la direction mercredi et une décision devrait être rendue d'ici la fin de la semaine. Le cégep n'a pas voulu commenter l'affaire pour le moment.

Jean Laberge a écrit à ses collègues du département de philosophie pour qu'ils prennent sa défense, mais ceux-ci ont refusé. Jean Laberge ne comprend pas pourquoi on lui reproche des écrits publiés à l'extérieur de son travail. « C'est la dictature, c'est Big Brother, ça n'a aucun sens », dit-il. Le professeur pense que le collège « commet une grave erreur » et lui cause « un préjudice considérable », en le privant de la liberté d'expression pour des propos qu'il n'a pas tenus en classe. «La devise du collège "Ouvert d'esprit" n'est que de la poudre aux yeux, de la fausse représentation.»

Il justifie son sentiment de dégoût des homosexuels par des raisons « d'inspiration chrétienne » et affirme n'avoir jamais partagé cela dans ses cours au cégep. « J'ai toujours observé un devoir strict de réserve. » « J'ai des raisons de penser que l'homosexualité est une vision des choses qui est limitée, qui ne mène pas à l'épanouissement des êtres humains », dit le professeur de philosophie. «J'ai le droit de ne pas préférer l'homosexualité et j'invite les gens à ne pas choisir cette voie-là.»

Jean Laberge, qui s'est déjà présenté au cégep avec une grande croix autour du cou, à l'époque du projet de Charte des valeurs, expliquait sur les ondes de Radio-Canada qu’il parle «en tant que croyant. Je ne cherche pas à convaincre, je cherche simplement à faire réfléchir.» Déjà en juillet 2017, il critiquait sur le site du Huffington Post, « le lobby des groupes LGBT », qui explique, selon lui, « l'émasculation des hommes ».