Entrevue avec Jean-Philippe Bergeron

Succès pour la formation du GRIS-Québec sur l’intimidation

Éric Whittom
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Jean-Philippe Bergerron

Un an après avoir lancé en février 2017 sa nouvelle formation «L’intimidation homophobe, on s’en occupe!», le Groupe régional d’intervention sociale de Québec (GRIS-Québec) a visité plus d’une tren-taine de villes à travers le Québec. Quel-que 400 intervenants jeunesse (ensei- gnants, animateurs de maisons de jeunes, travailleurs sociaux, etc.) ont été sensibilisés à la diversité sexuelle et de genre et outillés pour contrer l’intimidation dans leur milieu.

Le formateur du GRIS-Québec, Jean-Philippe Bergeron, a rencontré très peu d’intervenants «intolérants». «Ils sont généralement assez conscientisés et très ouverts. J’ai rencontré des combattants dans leur milieu qui font des pieds et des mains pour que la diversité sexuelle et de genre soit acceptée. Quelques-uns d’entre eux, qui sont très religieux, m’ont toutefois manifesté certaines réticences. Ils accueillent néanmoins tous les jeunes avec amour en mettant de côté leurs convictions religieuses. Ils référent les jeunes de la diversité sexuelle et de genre à d’autres intervenants scolaires, étant donné qu’ils ne se sentent pas bien positionnés pour les écouter adéquatement.»
 
Des questions sur l’acronyme LGBT+ et les personnes transgenres
Jean-Philippe Bergeron souligne que les intervenants posent beaucoup de questions sur l’acronyme LGBTQ+. «Généralement, les gens connaissent la signification des lettres LGBT. Par contre, ils veulent savoir ce qui signifie les autres lettres moins connues, par exemple les lettres Q (queer) et P (pansexuel). Certains s’interrogent sur la nécessité d’utiliser autant d’étiquettes qui divisent la communauté. Je leur explique que ces étiquettes font partie du processus d’affirmation de soi. Je désire qu’ils soient au courant de toute la diversité sexuelle et de genre pour qu’ils ne tombent pas des nues quand un jeune vient se confier à eux et pour qu’ils restent ouverts et à l’écoute.»
 
Les intervenants s’interrogent aussi sur les réalités des personnes transgenres. «Les gens sont très curieux par rapport au phénomène trans. Ils posent beaucoup de questions, par exemple concernant la procédure pour changer de sexe. À peu près dans toutes les écoles que j’ai visitées, il y avait un ou une jeune qui avait changé de sexe ou qui s’identifiait à un autre genre. Je leur donne certaines informations, mais je les réfère à l’organisme Aide aux Trans du Québec (ATQ).» 
 
Formation de comités d’Allié(e)s dans les écoles
À la suite de leur formation, certains intervenants ont communiqué avec le GRIS-Québec pour obtenir du matériel pour les aider dans leurs interventions. «Beaucoup d’entre eux me mentionnent qu’ils ont créé des comités d’Allié(e)s. Ces derniers regroupent n’importe quel jeune qui croit que la diversité sexuelle et de genre est un enrichissement plutôt qu’un obstacle au mieux vivre ensemble.»
 
Nouvelles formations pour accroître l’inclusion des personnes LGBT+ 
Jean-Phillipe Bergeron rapporte que la formation du GRIS-Québec a obtenu un taux de satisfaction de plus de 85 % auprès des intervenants. Par conséquent, cet organisme a pu obtenir de nouvelles subventions du ministère de la Famille et du fond philanthropique Inclusion (une initiative de 21 sociétés financières du Québec à la suite de la tragédie dans une mosquée de Québec en janvier 2017) pour continuer de donner sa formation et l’étendre notamment aux entreprises et aux comités de parents. «Au courant du printemps, cette nouvelle formation sera disponible pour n’importe quelle organisation qui désire être plus inclusive dans son milieu.» 
 
Enfin, il souligne que les intervenants de certaines écoles ou les policiers jeunesse ne peuvent pas toujours suivre la formation en raison d’un manque de temps. Grâce aux nouvelles subventions, le GRIS-Québec pourra développer des formations plus courtes d’une heure et demie et ciblées pour ces deux groupes. Les formations de trois ou de six heures continueront d’être offertes. 
 

Festival de la diversité sexuelle et de genre à l’Université Laval

Le Groupe gai de l’Université Laval (GGUL) tiendra son Festival de la diversité sexuelle et de genre, du 25 au 29 mars. L’édition 2018 sera l’occasion pour ce groupe d’étudiants de célébrer son 40e anniversaire. « Fondé en 1978, le GGUL représente aujourd’hui le plus ancien groupe gai universitaire au Canada », fait-il remarquer à Fugues. Pour souligner cet anniversaire, le GGUL organise une soirée vins et fromages, le jeudi 29 mars, à compter de 17 heures, au pavillon Alphonse-Desjardins. Cette activité sociale est ouverte à toutes les personnes de la communauté LGBT+, notamment les anciens membres du GGUL. Prix des billets : 5 $ en prévente auprès du GGUL et 7 $ à la porte. Diverses conférences seront également présentées, soit sur la démystification du BDSM avec Master Severyn (25 mars), les pratiques sexuelles sécuritaires avec le MIELS-Québec (26 mars), l’évolution de la condition des jeunes de la diversité sexuelle depuis 40 ans avec le professeur et chercheur Michel Dorais (27 mars), la différence en politique avec la députée Manon Massé (28 mars) et sur la pluralité des genres avec l’organisme Divergenres (29 mars).  L’horaire des conférences sera publié sur la page Facebook du GGUL.