Étude - Québec

Mieux comprendre la violence conjugale chez les gais

Ici Radio-Canada
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La violence conjugale chez les hommes gais demeure une réalité méconnue. Une étude réalisée par une chercheure de l'Université Laval tente de comprendre le phénomène et ses manifestations.

 « On sait très peu de choses sur la violence qui se passe dans les couples de même sexe, et on en sait encore moins dans un contexte de séparation » déclare en entrevue avec Radio-Canada, la professeure et chercheuse à l’École de travail social et criminologie de l’Université Laval.

La recherche qu'elle vient d'entreprendre veut mieux comprendre comment s’opère la violence en période de rupture chez les hommes gais et bisexuels, une communauté qui serait à risque de subir de la violence conjugale.

Statistique Canada révélait d'ailleurs, en 2014, que 8 % des homosexuels canadiens, qu’ils soient un homme ou une femme, rapportent avoir été victimes de violence conjugale. Ce pourcentage est deux fois plus élevé que chez les couples hétérosexuels. Le phénomène de rupture est par ailleurs l’un des déclencheurs de la violence conjugale.

Il y aurait des manifestations de violence qui sont spécifiques au couple d’hommes.  Valérie Roy souligne, par exemple, qu’en période de rupture, certains individus menacent leur ancien partenaire de dévoiler leur homosexualité à leur famille ou encore leur état de séropositivité. Ce genre de comportement sera étudié par l’équipe de recherche afin de mieux outiller les intervenants qui travaillent auprès de cette population. Mme Roy soutient, dans le reportage de Radio-Canada, que dans la plupart des cas, les organismes qui interviennent auprès des victimes de violence conjugale n’ont pas d’expertise avec la population homosexuelle. À leur tour, les groupes qui travaillent auprès des gais ne connaissent que très peu cette problématique.

Les gestes de violence tendent aussi à se transformer à travers les époques. Depuis plusieurs années, la technologie a amené la multiplication des cas de harcèlement téléphonique, et même d'individus qui ont été suivis par leur ex-conjoint à l’aide d’application dans leur téléphone intelligent.

La recherche de Valérie Roy sondera au total une trentaine d’hommes, victimes et auteurs de violence conjugale. L’équipe recherche d’ailleurs toujours des candidats. Ces individus proviendront de Québec, Montréal, Rimouski, Trois-Rivières et Gatineau. Selon Mme Roy, il est essentiel de prendre en considération la réalité régionale puisqu’elle peut grandement influencer les résultats. « On sait qu’en région, il peut y avoir des obstacles particuliers. Il y a moins de services et moins de personnes issues de la diversité sexuelle », précise-t-elle