Nouvelle campagne de la Fondation Émergence

LOIN DE L’OBSCURITÉ ET DU SILENCE !

Denis-Daniel Boullé
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Denise veilleux

Un guide d’information intitulé «Assurer la bientraitance des personnes aînées lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans» à destination de tous les intervenant.es du milieu des aîné.es a été lancé par la Fondation Émergence le 28 février dernier. Un guide accompagné d’affiches avec les visages de plusieurs aîné.es LGBTQ, pour souligner que celles-ci et ceux-ci ne veulent pas retourner dans le placard, ne veulent pas être confinés au silence et à l’obscurité. Cette initiative s’inscrit directement dans la mission du programme «Pour que vieillir soit gai» qui a vu le jour à la Fondation Émergence en 2009.

Ce lancement a réuni à    l’Espace Fullum la plupart des actrices et des acteurs du milieu communautaire LGBTQ, des gouverneur.es de la Fondation Émergence (FE) mais aussi du milieu politique puisque la minis-tre responsable des Ainés et de la Lutte contre l’inti-midation, Francine Charbonneau, était présente, ainsi que la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé. Une centaine de personnes en tout pour écouter les brèves allocutions du président de la FE, Patrick Desmarais; du Directeur général, Laurent Brault, et du chargé de programme sur les aîné.es, Julien Rougerie, accompagné de Denise Veilleux, bénévole et participante à ce guide.
 
La ministre Francine Charbonneau a livré un témoignage plus fondé sur l’affectif que sur le politique remerciant l’engagement des communautés LGBTQ de leur souci pour le bien être des aîné.es LGBT. Elle a précisé d’entrée de jeu qu’elle ne lirait pas le discours préparé par son bureau pour l’occasion, préférant témoigner directement. Comme l’avait fait la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, lors de son intervention au colloque de Fierté Agricole, délaissant le texte rédigé par ses adjoints pour livrer un témoignage plus personnel. Elle a ajouté qu’elle avait repris le bâton de pèlerin de Marguerite Blais (sa prédécesseure à ce poste - ndlr). «Voyez-en moi une alliée de tout temps», a-t-elle conclu, avant de signer la Charte de la bientraitance envers les personnes aînées lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans.
 
laurent Breault et Manon Massé
 
Qui des autres ministères ?
 
À Fugues, Francine Charbonneau a précisé qu’elle entretenait une très bonne relation avec Stéphanie Vallée, responsable du bureau de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Nous souhaitions connaître comment les différents ministres étaient engagés dans ces dossiers compte tenu que plusieurs enjeux de nos communautés ne relevaient pas seulement du ministère de la Justice ou de celui des aîné.es. À l’écoute de sa réponse, il semblerait qu’entre les autres ministères concernés, on en soit encore aux affinités personnelles plutôt qu’à une dynamique politique structurante.
 
Pour Julien Rougerie, en charge du programme Pour que vieillir soit gai à la FE, des progrès sont notables face à cette réalité. «D’une part, de plus en plus d’aîné.es LGBTQ affirment aujourd’hui qu’elles et ils ne souhaitent pas taire ce qu’elles et ils ont été au cours de leur vie, et que celles et ceux qui travaillent auprès des aîné.es souhaitent être outillé.es concernant les réalités LGBTQ pour être en mesure d’offrir des services plus respectueux, avance Julien Rougerie, et la réponse du milieu des aînés est en général très bonne».
 
Les réticences du secteur privé
 
Si le milieu des aîné.es relevant des autorités publiques est très ouvert à améliorer sa pratique, celui du privé reste encore réticent à reconnaître les réalités LGBTQ. «Quand on contacte des maisons de retraites privées, on a souvent des réponses de non-recevoir», commente Julien Rougerie. «On nous répond qu’ils n’ont pas d’aîné.es gais ou lesbiennes parmi leurs résidents, ou bien qu’ils n’ont pas le budget nécessaire pour faire de l’information sur ces réalités auprès de leurs employé.es, ou encore que l’orientation sexuelle n’a plus aucune importance avec l’âge...»
 
Mais pour celles et ceux qui souhaiteraient être mieux informé.es, le guide présenté ce soir-là se révèle une mine d’informations précises et utiles. On y recense le nombre de personnes LGBTQ ainé.es actuellement, nombre qui grandira dans les années à venir; on y parle des multiples niveaux de discrimination possibles auxquel.les des aîné.es pourraient être victimes, le tout fondé sur la littérature et sur des témoignages. Bien fait, accessible, ce guide d’une trentaine de pages devrait être offert à toutes celles et ceux qui travaillent de près ou de loin avec les aîné.es, mais aussi à tous les étudiant.es qui au cours de leur carrière auront à faire avec les personnes aînées.