Du 25 au 28 avril

Les rois de la piste: La fête est finie

Denis-Daniel Boullé
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Thomas Lebrun
Photo prise par © Frédéric iovino

Chorégraphe, danseur atypique, Thomas Lebrun a fait sa marque sur la scène française et internationale. En 2014, il présentait déjà à l’Agora de la danse, Trois décennies d’amour cerné, quatre courtes pièces autour du sida. Aujourd’hui, directeur artistique de Centre chorégraphique national de Tours (CCNT), le créateur revient à Montréal avec Les Rois de la piste, rappelant la grande vague des discothèques des années 80 avec nostalgie, mais aussi lucidité; un regard tendre et humoristique sur cette époque où nous étions tous des danseurs… d’un soir et les rois d’un instant, d’un instant seulement.

De son passage à Montréal en 2014 est née une collaboration entre l’Agora de la danse et le CCNT, allant d’échanges de chorégraphes, de rencontres avec des jeunes de Tours et de Montréal, créant ainsi des passerelles entre les cultures, les styles et les générations.
 
Pour Frédérique Doyon, commissaire invitée à l’Agora de la danse, la force de Thomas Lebrun est de nous décomplexer face à la danse contemporaine. «Thomas Lebrun se démarque par sa capacité à nous rendre accessible la danse contemporaine, à attirer ainsi un public qui peut se reconnaître dans son travail», commente Frédérique Doyon.
 
Sur scène, un podium illuminé sur lequel vont se succéder une quarantaine de personnages tous singuliers et hauts en couleur et qui seront, le temps d’un morceau, la star du moment. «On retrouve dans l’écriture chorégraphique de Thomas Lebrun, le formalisme et son inscription aussi dans la culture populaire», continue Frédérique Doyon.
 
Bien entendu, celles qui ont connu l’époque de ces grandes discothèques - on pense au Studio 54 à New York, au Palace à Paris - auront le sentiment d’un retour dans le passé. Des pistes immenses où les genres et les classes se mélangeaient et pensaient se confondre, un employé de bureau pouvant côtoyer une star hollywoodienne, dans un affranchissement éphémère et artificiel de tout déterminisme social. Chacun se mettait en scène en espérant se faire remarquer, admirer, être son propre fantasme en somme. Ce sentiment de grande liberté et de fête était amplifié par l’alcool et par les drogues.
 
Mais cette mise en scène de soi, du corps en mouvement, était aussi un révélateur de ce que l’on pensait cacher, d’où le tragi-comique qui naissait pour celles et ceux qui savaient lire entre un déhanchement, un bras levé, un jeté de la tête. En véritable ethnologue, Thomas Lebrun dessine une galerie de portraits légèrement stéréotypés de personnages qui somme toute ne sont pas si loin de nous, ni dans le temps, ni dans l’esprit. 
 
LES ROIS DE LA PISTE, à l’Agora de la danse, les 25 et 27 avril à 19h et le 28 avril à 16h. Agoradanse.com

thomas Lebrun