TÉLÉ : Will & Grace

Un comeback fulgurant!

Luc-Alexandre Perron
Commentaires
Will & Grace

Ce mois-ci, une émission a retenu mon attention : Will & Grace, diffusée le jeudi soir sur les ondes de NBC. Après 8 ans de diffusion, la série s’était éteinte et nous avions dû dire au revoir à la gang. Mais onze années plus tard, la série ressuscite et nos amis sont de retour. Et quel retour!

Est-ce toujours pertinent d’avoir une série qui met en vedette des LGBT? Oui, absolument! Malgré la triste illusion que nos combats sont terminés (dont le mariage, l’adoption, la présence dans l’armée, etc.), il y a toujours de l’homophobie dans notre société. Mais, oui, les temps ont changé. Lors des huit premières saisons, les personnages ne pouvaient pas s’embrasser. Sauf dans un épisode avec Will et Jack dehors devant les studios de NBC. Après l’impact de séries comme Queer as Folk et The L Word, un simple baiser entre deux personnes du même sexe n’attire plus les foudres du grand public et les studios sont moins frileux. En effet, après toutes ces années, les producteurs osent d’avantage. Mais n’allez pas croire que vous verrez grand-chose de choquant car nous sommes en «prime time» (heures de grande écoute en soirée). Donc, on garde un format familial.
 
Est-ce que ça valait la peine d’attendre aussi longtemps pour une réunion? Absolument! Retournons donc dans l’appartement de New York, où se passent la plupart des intrigues.
 
Ainsi, nous retrouvons Will, Grace, Jack et Karen. La chimie fonctionne toujours. Comme si on ne les avait jamais quittés. Comme si la série n’avait jamais pris de pause. L’humour est toujours aussi cinglant. Les personnages toujours aussi tourmentés par leurs faiblesses, toujours unis par une amitié indéfectible. Mais le temps a quand même fait son œuvre. Will a grisonné, le fils de Jack est maintenant marié et a un fils, ce qui fait de Jack, un grand-père, Grace remet encore tout en question et Karen… Karen vit toujours dans les vapes de l’alcool et des médicaments d’ordonnance.
 
Will, avocat de formation, a décidé de quitter le droit. Il est maintenant associé à Grace, qui tient toujours son entreprise de design et déco. L’harmonie n’est pas toujours au rendez-vous. Quant à Jack, il est toujours atteint du syndrome de Peter Pan et entretient son immaturité. Dès les premiers épisodes, on nous ramène des personnages secondaires rencontrés lors des huit saisons antérieures. D’abord, Vince, le policier, l’ancien amoureux de Will, qui se marie avec son nouveau conjoint. Il fait une apparition qui souligne assez subtilement l’acquisition du droit au mariage pour les personnes de même sexe aux États-Unis.
 
On aborde aussi les centres de thérapie de conversion, qui prétendent «guérir» les homosexuels afin de les rendre hétérosexuels. Cet épisode, d’ailleurs, est très touchant, car on retrouve le fils de Jack, Elliot, qui vit dans le sud des États-Unis, dans une région conservatrice et qui, avec son épouse, élève un enfant (Skip), qui semble avoir tous les traits d’un homosexuel. Alors qu’il a grandi avec un père gai, Elliot refuse d’admettre que son fils soit gai et Jack le confronte sur ses préjugés, tout en se rapprochant de son petit-fils, qui est aussi exubérant que son grand-père. À la fin, Elliot réalise que Jack a toujours été un père aimant et accepte de retirer son fils du centre de conversion. D’ailleurs, la série ne se gêne pas pour dénoncer ce genre de centre, qui ne sert à rien, puisque mêmes les animateurs du camp sont de toute évidence toujours aussi gais qu’au jour de leur naissance.
 
Dans un autre épisode, Karen doit dire adieu à sa domestique et grande confidente, Rosario. Et qui dit Karen, dit Lesley. La Némésis de Karen est donc aussi de retour, bien qu’on ait sous-entendu son décès lors de la huitième saison. Lesley se réjouit perpétuellement des problèmes de Karen.
 
Cette fantastique nouvelle saison contiendra au total 16 épisodes présentés le jeudi soir. Déjà, le réseau a annoncé la production d’une dixième saison pour l’an prochain. Les quatre acteurs (Eric McCormack, Debra Messing, Megan Mullaly et Sean Hayes) seront donc sur nos petits écrans pour un bon moment encore. La présence de personnages secondaires aidera aussi à mettre du piquant dans les aventures des quatre compères. Entre autres, l’arrivée d’un policier de plus petite taille qui fera son coming out au moment où il rencontrera Jack. Celui-ci, habitué aux aventures d’une nuit, devra confronter ses démons et ses préjugés afin de se laisser prendre au piège de l’amour.
Ce qui amuse beaucoup aussi, c’est le perpétuel choc des idées entre Grace et Will. Partenaires d’affaires, leurs visions s’opposent souvent et il va sans dire, la chicane repart de plus belle. Mais leur attachement l’un envers l’autre fait en sorte qu’ils finissent toujours par se réconcilier.
 
Les retours à la télévision ne sont pas toujours heureux, mais cette fois-ci, la production est efficace et les critiques ont été très positives. Nous avons affaire avec une comédie ici, mais cela n’empêche pas certains moments d’être très touchants.
 
Je vous recommande fortement cette comédie de 30 minutes qui vous mettra assurément le sourire aux lèvres. Autant les nombreux jeux de mots, les blagues et les situations abracadabrantes vous amuseront. Des modèles variés de personnages LGBT apporteront, via l’humour, des modèles pour les jeunes et moins jeunes qui n’ont pas toujours accès à des personnages auxquels ils peuvent s’identifier. De plus, c’est vraiment hilarant. Pour se dilater la rate, il n’y a pas mieux.
 
La série quittera les ondes ce printemps pour faire un retour à l’automne 2018. Par contre, vous pouvez toujours visionner les épisodes sur le site web du réseau NBC. Vous pourrez, ainsi, faire du rattrapage et vous amuser gaiement en attendant l’arrivée de la dixième saison.
 
WILL & GRACE les jeudis soirs sur les ondes de NBC