NOVA du Portail VIH/sida du Québec

Pour vous aider à prévenir vos partenaires

Collaboration Spéciale
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Anonymat garanti

Vous venez de recevoir un diagnostic d’ITSS ou de VIH et devez aviser vos partenaires ? Vous ressentez un malaise à demander de l’aide à un professionnel de la santé ? C’est difficile de le faire vous-même ? Un nouveau service de notification des partenaires, offert par le Portail VIH/sida du Québec (PVSQ), est là pour vous ! Nous vous présentons NOVA, qui vous permet de notifier vos partenaires sexuels de votre diagnostic d’ITSS et de VIH par texto de manière discrète, anonyme et gratuite, où que vous soyez au Québec.

Il existe plusieurs moyens de notifier ses partenaires d’un diagnostic d’ITSS et/ou VIH, et la personne concernée peut choisir le meilleur moyen selon la situation. Elle peut le faire elle-même par courriel, texto, coup de fil ou discussion en personne. Elle peut également avoir recours à des services externes en demandant à un(e) professionnel(le) de la santé publique de notifier ses partenaires. Maintenant, elle peut aussi se rendre sur le site web du PVSQ et remplir un formulaire pour qu’il s’occupe de notifier ses partenaires.
 
Un cadre d’intervention soucieux d’autrui
Ce nouveau service se démarque des autres possibilités de notification des partenaires par son cadre d’intervention. Les messages textes sont envoyés du lundi au vendredi en journée, avant 15h par Maude Martin, en charge du projet. « Recevoir un message comme ça peut être assez stressant et tu peux vouloir réagir rapidement, donc on ne notifie pas après 15h. À cette heure-là, les CLSC et les cli-niques, spécialisées ou non, sont encore ouverts. Il y a toujours moyen de joindre un professionnel de la santé pour prendre un rendez-vous rapidement. Si l’on notifie à 17h, tout est fermé et la personne se retrouve un peu seule », dit-elle en entretien. Toutefois, une exception est faite pour les notifications en deçà de 72 heures d’une infection par le VIH, puisque dans ces cas la PPE pourrait être administré.
 
Comparé aux services de notification des partenaires qui utilisent des messages automatiques de type « ne-pas-répondre », ce nouveau service permet à la personne notifiée de réagir et de répondre au message texte. Maude reste disponible pour répondre à toutes questions ou préoccupations que peuvent avoir les personnes notifiées, et elle les dirige aux ressources appropriées. « Les personnes peuvent tout de suite nous réécrire par message texte pour savoir où se faire dépister. On va les soutenir là-dedans, et on prend le temps de répondre à leurs questions », ajoute-elle. Le PVSQ est le premier organisme communautaire à offrir ce type de service au Québec.
 
Anonymat garanti
Les notifications sont envoyées via Sext’Info, l’outil d’intervention de messagerie texte anonyme du PVSQ. Cet outil permet à la chargée de projet de transmettre de l’information, de l’éducation et des références directement par messages textes. L’anonymat de toutes les personnes concernées est préservé lors de la notification et lors des échanges. Les numéros de téléphone sont automatiquement cryptés et ne permettent pas d’identifier les personnes notifiées. Bien qu’aucun renseignement sur votre personne ne soit divulgué, la notification pour la PPE (Traitement d’urgence contre le VIH) doit se faire dans les 72 heures suivant une exposition. «Le seul enjeu est que dans ces moments l’anonymat peut se perdre, sauf que, en même temps, c’est une opportunité de prendre soin de ses partenaires», dit Maude Martin.
 
Quelles informations sont nécessaires pour remplir un formulaire ?
La demande de notification peut se faire via le formulaire sur la page web du PVSQ. Elle doit inclure le numéro de cellulaire des personnes à contacter, les ITSS et pour une infection VIH, le moment de la dernière exposition (relations sexuelles ou partage de matériel de préparation, d’inhalation ou d’injection de drogues). Ce service vous permet de notifier vos partenaires d’un diagnostic de chlamydia, gonorrhée, syphilis, lymphogranulomatose vénérienne (LGV) et VIH. Il est également possible de notifier un-e partenaire pour plus d’une infection simultanément. Le formulaire prend en-viron une minute et demie à remplir. « C’est vraiment très court. On pose le minimum de question parce qu’on a besoin du minimum d’information », note Maude Martin.
 
Appui de la Direction régionale de santé publique de Montréal
Le service de notification des partenaires s’est développé en collaboration avec la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) et la Direction de la lutte aux ITSS, du MSSS. Pierre-Henri Minot, directeur du PVSQ, s’est intéressé au travail effectué par la DRSP et s’est allié avec Sarah-Amélie Mercure, docteure et responsable médical du Service ITSS et réduction des méfaits liés aux drogues à la DRSP, pour le développement et la promotion du service.
 
Pour Dre Mercure, ce nouveau service en est un dont elle rêve depuis longtemps. « Pour nous, ça a du sens de collaborer à ce projet-là. Il y a beaucoup de Montréalais qui seront touchés par les nouveaux outils qu’ils [le PVSQ] ont mis en place », nous dit-elle. « On trouvait que cette idée de faire la notification par texto de façon anonyme au moyen d’un organisme communautaire serait vraiment un complément à ce qui existe déjà. » La DRSP s’engage à faire la promotion du service dans ses réseaux afin que l’option soit proposée à toutes les personnes qui reçoivent un diagnostic d’ITSS et VIH de façon systématique.
 
Le formulaire en ligne est disponible depuis le début décembre 2017. À l’heure actuelle, avec peu de promotion et une fermeture pour deux semaines pendant la période des fêtes, le PVSQ a effectué environ 35 notifications de partenaires. Toutes les parties concernées sont contentes du résultat. Maude Martin nous dit que tout se passe bien du côté du PVSQ. Sarah-Amélie Mercure est d’accord, « c’est vraiment un succès d’avoir réussi à notifier tant de personnes en quelques semaines, ça montre que ça répond vraiment à un besoin. »
 
NOVA

Un texte d' Isabelle Robichaud