Place au Village

Une nouvelle exposition pour la Galerie blanc

André-Constantin Passiour
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André Passiour
  • André Passiour

La piétonnisation de la rue Sainte-Catherine entre les rues St-Hubert et Papineau, l’événement appelé Aires Libres, nous revient pour une 11e édition. Dès le 3 mai et jusqu’au 24 septembre, on pourra se promener sous la fameuse «canopée» de boules multicolores des architectes paysagistes Claude Cormier et Yannick Roberge, tandis qu’une cinquantaine de cafés, bars et restaurants agrémenteront l’artère piétonnière de leurs belles terrasses. Bref, l’ambiance festive s’emparera de nouveau du Village gai de Montréal. Côté culturel, pour une 2e année d’affilée, la Galerie blanc occupera le terrain (coin Wolfe) face au Cabaret Mado et à la Piazzetta. Fruit de la collaboration de la SDC du Village avec le concepteur Alexandre Berthiaume et le commissaire Nicolas Denicourt, cette galerie à ciel ouvert a vite gagné le respect du monde du design. Mais que nous réserve-t-on pour l’édition 2018?   

«La galerie [Galerie blanc] est là pour rester, nous l’espérons, pour une période de trois à cinq ans, si bien entendu la Ville de Montréal qui possède ce terrain permet à la SDC de continuer d’y installer cette installation d’art public. Nicolas Denicourt s’est vu confier le rôle de commissaire encore cette année pour la Galerie blanc, ainsi que pour les dix colonnes rétroéclairées, contenant 33 reproductions de photographies d’artistes, que l’on retrouve sur la rue piétonne», nous disait Denis Brossard, le président du conseil d’administration de la Société de développement commercial (SDC) du Village, dans la chronique précédente.
 
© Dominique Pétrin  photo par Anne Simonnot
 
Depuis l’été passé, on pouvait voir les œuvres photographi-ques de Synchrodogs (un duo d’Ukraine), du québécois Benoit Paillé et de l’américain Delaney Allen. La grande œuvre sculpturale de Valérie Blass y est aussi exposée. Le tout à fait l’objet d’une longue entrevue avec Nicolas Denicourt (Think Outside The Box) et Alexandre Berthiaume (Futil Design) dans la prestigieuse revue de design METAL*, de Barcelone.
 
On a donc confié à Nicolas Denicourt le rôle de commissaire autant pour la Galerie blanc que pour les dix colon-nes rétroéclairées. Cela fait maintenant plusieurs années que Nicolas Denicourt, avec son site thinkoutsidethebox.ca fait la promotion d’expositions photographiques en tant que moyens d’échanges interculturels.
 
Voici donc une courte entrevue réalisée avec lui sur les projets de l’été 2018.
 
©James Kerr / Scorpion Dagger
 
Qu'est-ce qu'on retrouvera dans la Galerie Blanc pour l'été qui s'en vient et en quoi est-ce différent des artistes de l'édition 2017? Et est-ce qu'on augmente le nombre d'artistes?
 
La dernière édition était beaucoup plus axée sur la photographie. La prochaine exposition sera complètement différente et presque entièrement composée d’artistes canadiens. On y retrouvera deux installations, une de l’artiste multidisciplinaire montréalaise Dominique Pétrin et une de Marie-Eve Martel. Nous aurons aussi des œuvres interactives de James Kerr / Scorpion Dagger. Nous collaborerons également avec la Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) qui présentera des œuvres de Sonny Assu. À l’international, nous aurons The Live Wild Collective, un groupe de femmes provenant de différents pays qui travaillent beaucoup avec le collage en s’inspirant des mouvements comme le dadaïsme et le surréalisme.
 
Comment est survenue cette collaboration avec Dominique Pétrin? Et est-ce qu'on peut en savoir plus sur son installation et sur le style?
 
C’est en discutant autour d'une bière avec l’artiste James Kerr, qui est aussi un ami, qu’est venue l’idée d’inclure Dominique à l’exposition. Son travail cadrait parfaitement avec la thématique et cela faisait longtemps que les deux parlaient de collaborer ensemble. Je ne veux pas trop en dévoiler sur l’installation, mais je peux vous dire qu’elle sera très immersive.
 
© Lucie Khahoutian /  The Live Wild CollectiveTu seras aussi commissaire pour l'art qui s'expose dans la rue via les colonnes rétroéclairées. Comment s’est effectué le choix des artistes et des styles? Encore là, qu'est-ce qu'on devrait retrouver dans la rue cet été surtout que, l'an dernier, la thématique était les 35 ans du Village en lien avec la communauté LGBT, est-ce qu'on poursuit avec des exposants LGBT?
 
La SDC (du Village) m’a fait part de leurs souhaits en mentionnant qu’ils aimeraient créer un lien entre les œuvres sur la rue et celles de la Galerie blanc. De mon côté, mon idée initiale était de dynamiser la rue avec des œuvres interactives. J’ai donc proposé à James Kerr de prolonger son exposition jusque dans la rue piétonne sur les dix colonnes rétroéclairées.
 
Est-ce qu'il y a une «ligne directrice» qui sous-tend l'ensemble des exposants autant pour la Galerie blanc que pour la rue? Qu'est-ce qu'on a cherché à exprimer par ces artistes et ces styles?
 
La thématique de cette année proposera un remixage du passé, du présent, d’ici et d’ailleurs. Les artistes exposés projetteront, à travers leurs œuvres, l’héritage culturel propre à chacun avec des manipulations visuelles provenant d’origines variées, qu’elles soient politiques, sociales ou géographiques. Les œuvres présentées seront riches en signes et symboles. Réunies ensemble, elles nous amèneront à réfléchir autrement sur la manière dont nous définissons notre identité, le tout présenté dans un univers ludique.
 
«Il s’agira d’une deuxième collaboration entre Dominique Pétrin et Aires Libres. En effet Dominique avait participé à l’édition 2013 d’Aires Libres en enveloppant l’édicule du métro Beaudry et les balcons de l’édifice situé au-dessus du Sauna Oasis. Dominique fut notre coup de cœur en 2013 et nous sommes ravis de son retour pour l’édition 2018», ajoute pour sa part Bernard Plante, le directeur général de la SDC du Village.
 
Maintenant qu’on en connaît plus sur ces expositions, il ne manque que la belle température et les journées ensoleillées avec une brise légère… Croisons les doigts… 
©Sonny Assu / BACA