Homophobie - Belgique

Un couple gai agressé dans le centre de Bruxelles

Yannick LeClerc
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Une agression homophobe s'est produite dans le centre de la capitale dans la nuit de samedi à dimanche. L'une des deux victimes a fait part de sa colère sur Facebook.

Jonatan se promenait avec son mari dans le centre de Bruxelles dans la nuit de samedi à dimanche, aux alentours de 2h30 de matin. Le couple, qui sortait d'une soirée organisée par la Maison Arc-en-ciel, située rue du Marché au Charbon, a été pris à partie par un groupe de jeunes non loin de la place de la Bourse.

« Nous continuons obstinés notre chemin et cinq garçons du groupe en question nous suivent (), nous insultant, nous posant des questions ignobles sur notre intimité sexuelle, nous intimidant. Ils sont tous maigres et idiots, ayant l'air d'avoir à peine 18 ans », témoigne Jonatan sur Facebook.

Effrayé, le jeune homme parvient à convaincre Clément, son compagnon, de s'éloigner. Les jeunes font mine de partir avant que deux d'entre eux ne frappent Clément par derrière au niveau de la nuque. La situation dégénère après que Jonatan les a insultés. Clément est roué de coups par quatre jeunes alors que le cinquième s'en prend à Jonatan. 

« La colère me monte, je me sens impuissant, je me sens faible, je suis envahi par la haine, je suis indigné, je fais une erreur : je leur crie "connards" plusieurs fois, avec toutes mes forces. Ils reviennent en courant, on est pris de surprise, on est deux, ils sont cinq, quatre se mettent lâchement à agresser Clément, deux par derrière et deux par l'avant, ils lui donnent des coups de poings répétés dans la nuque, il tombe, se relève, les pousse. Pendant toute cette horreur, je me faisais agresser par le cinquième, ne voyant même pas ce que subissait mon amour. Deux autres garçons interviennent et leur disent d'arrêter. Ils partent », écrit Jonatan.

Une fille qui faisait partie du groupe de jeunes leur rend des papiers qu'ils ont perdu au cours de l'agression. Elle leur avoue qu'elle « n'est pas d'accord » avec les relations homosexuelles, mais elle trouve « injuste » de se faire taper dessus uniquement pour cette raison.

Dans son message, Jonatan s'en veut d'avoir répondu verbalement aux agresseurs, provoquant encore davantage l'ire de ceux-ci. Mais il en veut aussi, et surtout, à «la société qui produit ces petits cons.»

« De tout l'orage psychologique qui me tourmente, je n'arrive à formuler qu'une chose: je ne m'adapterai pas à cette société malade, à cette misère morale et spirituelle, où tenir la main de quelqu'un constitue un objet de haine et d'agression. Je mourrai si des malheureux comme ceux d'hier m'imposent la mort, mais je mourrai main dans la main avec mon amour », conclut le jeune homme.