Indonésie

La punition par coups de canne aura toujours cours, mais plus en public

Yannick LeClerc
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Les relations homosexuelles ne seront plus punies en public, mais la bastonade — punition par coups de canne — aura toujours cours, à huis clos.

Aceh, la seule région du pays laïque où la loi de la Charia est en vigueur, continuera à appliquer cette pratique barbare, qui a vu deux hommes frappés publiquement à coup de canne 83 fois l'année dernière pour des rapports sexuels consensuels.

Plus tôt ce mois-ci, un homme homosexuel et une femme transgenre ont été arrêtés pour « avoir eu des relations homosexuelles » et ont subi une punition similaire. Deux étudiants universitaires sont également détenus avant d'être jugés pour avoir eu des relations sexuelles gaies à Aceh. Ces jeunes de 21 et 24 ans ont été arrêtés jeudi dernier.

La province d'Aceh a institué la charia après une concession du gouvernement indonésien dans le cadre d'un accord d'autonomie en 2005. La loi actuelle autorise jusqu'à 100 coups de fouet pour ce que l'on appelle les infractions de moralité.

Selon le gouverneur d'Aceh, la mesure a été prise pour réduire les critiques des pays étrangers qui s'opposent à des punitions inhumaines. Au moment où la nouvelle loi a été adoptée, une manifestation de protestation a eu lieu à l'extérieur du bâtiment gouvernemental de la région afin de conserver la loi actuelle.

Ailleurs en Indonésie, les journalistes et les adultes pourront encore assister aux bastonnades qui auront lieu derrière les murs d'une prison.