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Polatouches

Benoit Migneault
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Polatouches

Une combinaison que l’on ne retrouve que peu dans la littérature d’expression française: homosexualité, Premières Nations et région minière. C’est pourtant dans cet univers que nous convie Marie Christine Bernard. Josée et Stéphanie y constituent les deux protagonistes principales dont le couple rencontre un écueil de taille en raison de la résistance de Stéphanie à sortir du placard.

De son côté, après dix ans de vie commune, Josée ne demande rien de mieux que de convoler en justes noces et de fonder une famille. Paradoxalement, alors qu’elle embrasse complètement cette différence, elle se dissocie complètement de ses origines cries. De son côté, afin de faire le point, Stéphanie décide de s’isoler dans un chalet, mais cette volonté est rapidement freinée par la rencontre de voisins aux comportements singuliers.

Cette étrangeté va éventuellement croître, devenir de plus en plus menaçante et s’avérer être en lien avec une inquiétante légende amérindienne. Recherche identitaire et menaces d’outre-mondes se combinent dans un récit qui n’hésite pas à aborder, en filigrane, des questions plus fondamentales, notamment celle de l’intolérance. Par exemple, cette intensité dans le rejet des origines cries de Josée, ramène-t-il au constat que la société, malgré ses beaux discours, n’a toujours pas évolué au regard des Premières Nations? Et pour les curieux, un polatouche est un écureuil volant que l’on ne voit que rarement puisqu’il n’est actif que la nuit. Bref, un animal terrestre qui vole et qui représente donc bien les différents personnages pris, ou qui croient l’être, entre diverses réalités ou identités.