Sports et accusations d'abus sexuels

Des gymnastes brésiliens accusent l’ancien entraîneur de l’équipe nationale d’abus sexuels

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Fin avril, deux émissions du réseau de télévision brésilien Globo, Globo Esporte et Fantástico, ont révélé que Fernando de Carvalho Lopes, ancien entraîneur de l’équipe nationale brésilienne de gymnastique artistique, était visé par des plaintes l’accusant d’avoir abusé sexuellement de dix athlètes. Cette information était accompagnée du témoignage de plusieurs gymnastes brésiliens.

Lopes a dû quitter sa fonction d’entraîneur olympique il y a deux ans après que les parents d’un jeune gymnaste l’aient accusé d’avoir abusé sexuellement de leur fils de treize ans. Depuis, de nouvelles plaintes ont été déposées et l’ancien entraîneur doit désormais faire face à des douzaines d’accusations de viols et d’abus sexuels.

Pour l’heure, seuls dix athlètes (dont les noms n’ont pas été révélés) ont porté plainte contre Lopes. L’affaire est en cours d’investigation par le ministère public de São Paulo. Mais elle ne représente qu’une petite partie des quelque 40 accusations d’abus sexuels formulées contre l’ancien entraîneur.

Dans tous leurs témoignages, les gymnastes racontent que Lopes profitait de leur jeune âge et de leur méconnaissance des règles de l’entraînement pour abuser d’eux de façon répétée. Petrix Barbosa, ancien champion des Jeux panaméricains qui se sont tenus à Guadalajara (Mexique) en 2011, est le seul athlète à avoir accepté de témoigner à visage découvert.

Petrix Barbosa, qui s’entraîne depuis vingt ans avec les futurs espoirs de la gymnastique brésilienne au sein du Mesc Club, à São Bernardo do Campo, a ainsi déclaré :

« Fernando était mon premier entraîneur. Le Mesc était mon premier club, c’est là que j’ai commencé la gymnastique… La pression psychologique qu’on peut exercer sur un jeune garçon de dix ou onze ans… À chaque fois qu’on se douchait, il m’espionnait… Je ne sais pas combien de fois je me suis réveillé avec sa main dans mon caleçon« .

Petrix Barbosa a suivi l’entraînement de Lopes au sein du Mesc Club lorsqu’il avait de six à treize ans. Il a fini par quitter le club parce qu’il ne supportait plus les abus sexuels qu’il lui faisait subir dans les vestiaires, durant l’entraînement ou même en dehors du club.

La peur et la honte l’ont empêché d’en parler à sa famille. « Il nous demandait toujours à quel stade de la puberté nous en étions. Il disait qu’il fallait qu’il soit au courant de notre croissance physique afin de pouvoir adapter l’entraînement. Et il nous demandait de lui montrer notre pénis« . Une autre victime a déclaré : « il m’a demandé de me masturber et d’éjaculer devant lui« .

L’entraîneur n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations. La Confédération brésilienne de gymnastique a affirmé n’avoir jamais entendu parler de ces abus sexuels et annoncé qu’elle allait en référer aux autorités compétentes.

Le Comité olympique brésilien a déclaré qu’il ne tolérait aucune forme d’abus sexuel ou de discrimination.