Pour l’amour des Ours

Dominic Auger, M. Ours Montréal 2018

André-Constantin Passiour
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Dominic Auger, M. Ours Montréal 2018

Le 24 mars dernier, j’ai été élu M. Ours Montréal 2018. Je dois l’avouer, c’est sans avoir pris le temps de bien réfléchir aux implications d’une victoire que je me suis inscrit à ce concours qui m’apparaissait plutôt ludique et sans prétention. J’y allais pour avoir du plaisir et sans véritablement m’imaginer remporter ce titre. Après tout, mon miroir ne me renvoie pas exactement l’image de l’Ours typique, qui nourrissait déjà mes fantasmes au siècle dernier, lorsque je dévorais les pages du Bear Magazine en espérant être un jour aussi barbu, poilu, robuste et corpulent que ces modèles de virilité.

J’avais peut-être omis de prendre en compte mon petit côté compétitif. Une fois sur la scène, j’ai fait ce qu’il fallait pour donner le meilleur show possible… et j’ai gagné! Sans doute, ma vingtaine d’années derrière un bar, à faire « l’entertainment » pour les clients, a-t-elle contribué à mon aisance sur la scène, peut-être les juges ont-ils été séduits par mon discours, dans lequel l’amour de la communauté devait forcément transparaître… Quoi qu’il en soit, c’est moi qui aurai le grand honneur de représenter, pendant un an, les Ours de Montréal. Et c’est avec fierté que je vais m’y consacrer.

Ce sont les nombreux commentaires et félicitations que j’ai reçus qui m’ont rapidement fait prendre conscience que ce titre comportait une signification importante pour plusieurs. J’ai senti que les Ours montréalais étaient contents que, après une décennie d’absence, M. Ours reprenne du service. Le véritable défi n’était donc pas de remporter ce titre, mais sera plutôt de le porter dignement durant une année, responsabilité que j’entends assumer avec un immense enthousiasme. 

La première mission que j’ai, me semble-t-il, c’est de redorer le blason de M. Ours, c’est-à-dire de lui redonner de la visibilité et de nourrir son image l’année durant, afin de passer le flambeau l’an prochain. Voilà pourquoi je me présente aux lecteurs du Fugues. Voilà également pourquoi M. Ours Montréal 2018 possède maintenant sa propre page Facebook et son compte Instagram où vous pouvez suivre ses différentes activités. 

Parlant d’image, qu’en est-il en 2018 du portrait de la communauté des Ours montréalais? Il semble qu’il se soit passablement diversifié depuis une vingtaine d’années. Je me souviens d’une époque où le bébé ourson que j’étais avait l’impression de devoir faire des efforts pour s’intégrer à la masse imposante de barbus poilus qui remplissaient le bar Le Stud… Aujourd’hui, le simple fait d’aimer cette communauté et de s’identifier à elle paraît suffire pour lui appartenir, ce que traduit à merveille l’expression consacrée : « Bears and friends ». Demeure toujours néanmoins présent le risque de voir s’hermétiser des sous catégories homogènes favorisant le sentiment d’exclusion. C’est pourquoi un M. Ours se doit d’être rassembleur. J’aimerais être en quelque sorte un trait d’union au sein de la communauté. Je me considère d’ailleurs moi-même à la jonction de différentes catégories : à quarante ans, je suis de moins en moins un cub, mais je ne suis pas encore tout-à-fait un muscle bear, et je suis un admirateur de daddy bears et de chubbys… En somme, j’estime que chacun devrait être en mesure de trouver sa place dans la communauté. 

En terminant, je vous invite à venir me rencontrer à mon lieu de travail, au bar Le Stud, du lundi au jeudi de 16h à 22h. Je vous invite également à participer aux différentes activités auxquelles M. Ours sera associé tout au long de l’année, notamment aux levées de fonds du 17 et du 20 mai au Stud pour la Fondation Émergence et le GRIS, et à venir vous amuser au rendez-vous Bear au deuxième étage du Stud le 1er juin à partir de 22h, où je serai votre barman attitré.