Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie

Fondation Émergence : campagne et sondage

Denis-Daniel Boullé
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Photo prise par © Serge Blais
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Le mois de mai est le mois international dédié à la lutte contre l’homophobie et la transphobie. On doit cette initiative en grande partie à la Fondation Émergence. La Fondation Émergence qui a axé sa campagne 2018 sur l’international à la défense des personnes LGBTQ qui vivent dans des pays où l’homosexualité est réprimée socialement et légalement. Un slogan: «Dans mon pays, c’est encore un crime d’afficher ses couleurs.»

Trois affiches représentant deux hommes et une femme ont été lancées le 1ermai dernier, accompagnées de dépliants et disponibles en 20 langues pour être diffusés le plus largement possible, et les résultats d’un sondage auprès des Québécois.es et des canadien.nes sur leur perception de la situation des LGBTQ à l’extérieur de leurs frontières.

Les partenaires principaux de la Fondation Émergence étaient présents lors du dévoilement de la campagne 2018 et des principaux résultats du sondage. Le gouvernement du Québec était représenté par l’Émissaire aux droits et libertés de la personne, Julie Miville-Dechêne, qui a souligné l’engagement du gouvernement de parler de la question des personnes LGBTQ sur toutes les tribunes bilatérales et multilatérales internationales où il serait question des droits de la personne.

Deux des jeunes gais qui ont accepté d’être sur les affiches, Rami, un Tunisien, et Justin, un Russe, ont expliqué les raisons qui les ont poussées à s’engager avec la Fondation Émergence et à s’afficher. Pour Justin, plus on parlera et dénoncera les conditions des personnes dans les pays qui criminalisent l’homosexualité, plus on fera bouger les choses. Avec beaucoup d’émotion, Rami a rappelé les dangers de vivre son homosexualité en Tunisie.

Si les communautés LGBTQ québécoises et canadiennes sont informées de ce qui se passe dans d’autres pays, tel n’est pas le cas pour la population en général comme l’a rappelé Olivia Baker, agente de communication de la Fondation Émergence résumant les principaux résultats du sondage effectué par la firme Léger auprès d’un échantillon aléatoire de 1546 Canadien.nes. Entre autres, les Québécois.es sous-estiment le nombre d’États qui criminalisent l’homosexualité, et 32 % pensent que la condition des personnes LGBTQ dans le monde est bonne. Est-ce cette méconnaissance de la situation des LGBTQ qui n’empêcheraient pas 57 % des Canadien.ne.s de choisir un pays homophobe et transphobe comme destination pour leurs prochaines vacances. Cependant, même si elles et ils minimisent le nombre de pays homophobes et transphobes dans le monde, 61 % des Québécois.es contre 51 % pour le reste du Canada pensent que les gouvernements provincial et fédéral devaient être proactifs à l’échelle internationale.

Parmi les répondants, 11 % se sont définis comme homosexuel.les ou bisexuel.les et 3 % comme trans, queer ou non binaires, ce qui recoupe les résultats sur l’orientation et le genre des répondant.es de beaucoup d’autres sondages.

La solution pour les personnes sondées: la sensibilisation et l’éducation. Pour Patrick Desmarais, président de la Fondation Émergence, «cela montre la pertinence de la campagne de cette année sur les droits LGBT dans le monde». Mais aussi la nécessité de soutenir et de travailler en concertation avec les groupes de défense des droits LGBT à travers le monde.

Une campagne de lutte contre l’homophobie et la transphobie 2018 sous le signe de la solidarité internationale et de la nécessité pour toutes et tous de s’engager dans cette initiative.

Pour commander le matériel d’information et de sensibilisation de la campagne «Dans mon pays, c’est encore un crime d’afficher ses couleurs»:

https://www.fondationemergence.org/commande-de-materiel/