Casey House de Toronto

Trente ans au service des personnes vivant avec le VIH-sida

André-Constantin Passiour
Commentaires
Casey House de Toronto

Ouvert en 1988 par un groupe d’activistes communautaires torontois, Casey House célèbre cette année son 30e anniversaire. Cet «hôpital» spécialisé en VIH-sida est le «groupe d’honneur» de Pride Toronto, son personnel ainsi que ses bénévoles et ses patients marcheront fièrement lors du défilé du dimanche 24 juin. Mais bien de l’eau a coulé sous le pont depuis le jour où, vêtus de la tête aux pieds de combinaisons étanches, des paramédiques se sont présentés à Casey House pour y laisser son tout premier patient. Inutile de dire que celui-ci, s’est fait accueillir les bras ouverts chaleureusement et sans discrimination. Loin d’être un «hospice» pour mourants, Casey House a développé tout un modèle de soins axés sur les patients et sur leur santé globale et leur bien-être… C’est ce qui fait maintenant la distinction de cet établissement…

Mais qu’est-ce qui a changé réellement en trois décennies à Casey House ? «Casey House a ouvert ses portes, en 1988, en tant qu’hospice pour accueillir les gens qui mouraient du sida. Trente ans plus tard, nous avons évolué vers le seul hôpital spécialisé en VIH-sida au Canada. Casey House procure une variété de programme de soins holistiques et ce, que ce soit pour des patients hospitalisés, en clinique externe, dans la communauté et, même si nous offrons encore des soins palliatifs, ce n’est qu’une toute petite partie  des services que nous offrons aujourd’hui. En 2017, nous avons déménagés, dans un bâtiment plus vaste et qui répond mieux aux besoins de la clientèle. Ce changement a transformé les choses, cependant, d’un endroit où les gens venaient pour mourir à celui qui travaille à la santé et au mieux-être des gens, cela demeure notre plus grand changement et dénote l’évolution de l’établissement», de répondre Mark Douglas Trask, chef du marketing et du développement à Casey House.
 
Quels sont les grands défis aujourd’hui auxquels a à faire face une institution comme Casey House ? «C’est tout un défi que de rappeler aux gens que le VIH n’est pas une chose réglée : encore maintenant, sept personnes sont     diagnostiquées avec le VIH chaque jour au Canada ; un peu plus qu’une personne sur cinq vivant avec le VIH-sida n’est pas au courant de son statut sérologique ; et, malgré les traitements servant à contrôler le virus, le VIH-sida demeure une maladie dangereuse pour la santé. Et, encore aujourd’hui, ce n’est pas tout le monde qui a accès aux traitements dont ils ont besoin, certaines barrières sociales font en sorte que certaines personnes n’ont pas les soins dont elles ont besoin. C’est là qu’entre en jeu Casey House. Rappeler également aux gens que nous sommes un hôpital et non plus un hospice est encore un autre défi. Notre grande réputation en tant que leader dans les soins palliatifs vient parfois faire ombrage à nos nouvelles initiatives. Défendre les besoins de nos clients peut être un autre défi de taille. C’est en effet difficile de faire comprendre à la population les barrières que doivent surmonter [les séropositifs], par exemple de devoir vivre de l’aide sociale, une précarité de logement, une multiplicité d’autres problèmes de santé venant s’ajouter au VIH et, enfin, la stigmatisation qu’ils subissent quotidiennement», poursuit Mark Douglas Trask.
 
«Casey House est très fière d’être honoré à la Fierté 2018. Nous nous sentons privilégiés d’avoir été choisis pour représenter les nombreux organismes venant en aide aux séropositifs. En tant que membre de la grande communauté LGBT torontoise et qui célèbre 30 ans de soins et de compassion, nous sommes excités à l’idée de marcher au défilé avec nos patients, nos béné-voles, nos employés et tous ceux qui nous appuient», commente M. Trask.
 
«À Casey House, nous croyons que les clients doivent être traités et soignés avec dignité et que leur humanité se doit d’être plus importante que leur maladie […]», de conclure Mark Douglas Trask.
 
Infos : caseyhouse.ca