Royaume-Unis

Un prof lance un réseau LGBT+ d'enseignants

Sébastien Thibert
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«Devenons les modèles dont nous aurions eu besoin lorsque nous étions à l'école». Le slogan de LGBTed résume bien l'objectif principal de ce réseau britannique, qui sera officiellement lancé le week-end du 2 juin, à Londres : rendre plus visible la communauté LGBT dans les écoles.

L'an dernier, rappelle le Guardian, Daniel Gray, professeur de 32 ans, fait son coming out devant 1.000 étudiants. Depuis, le jeune homme défend l'idée que les enseignants ont un rôle à jouer dans l'inclusion des personnes LGBT+ à l'école d'abord, et dans la société en général.

 

Un rôle qui prend d'autant plus de sens au Royaume-Uni, qui traîne un lourd passé en la matière : en 1988, le pays adopte la «section 28», un article de loi qui interdisait aux autorités locales, dont les écoles, de «promouvoir l'homosexualité». Trente ans après, même si cette législation a été abrogée au début des années 2000, toutes les écoles britanniques sont loin d'être «LBGT friendly»; «près de la moitié des élèves LGBT des écoles britanniques sont harcelés en raison de leur sexualité», rappelle le Guardian, citant une récente étude menée par Stonewall, une association de défense des droits de cette communauté.

 

Daniel Gray se souvient lui-même de l'enfer d'avoir été à l'école «sous l'égide de la section 2». Harcelé, il s'était tourné vers ses professeurs qui lui avaient simplement dit «d'apprendre à vivre avec ça ", raconte-t-il.

 

Avec des membres de l'association Ambition School Leadership, celui qui est maintenant de l'autre côté de la barrière veut faire bouger les lignes. Le réseau qu'ils lancent ensemble vise, à l'inverse de la section 28, à promouvoir la visibilité LGBT+ dans les écoles, collèges, lycées et universités. Le groupe se donne diverses missions annexes : partager des recherches sur la manière dont les élèves vivent leur homosexualité, bisexualité ou transexualité à l'école, influencer la politique d'inclusion, ou encore soutenir les profs qui souhaiteraient faire leur coming out, voire les y encourager de manière à ce qu'ils deviennent de nouveaux modèles pour certains de leurs étudiants. Le ministre de l'Éducation, Nick Gibb, qui a lui même dévoilé son homosexualité en 2015, soutient l'initiative.