Les boules multicolores «18 Nuances de gai»

Une pétition et un rassemblement pour faire pression sur Claude Cormier !

André-Constantin Passiour
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18 Nuances de gay

Lors de l’inauguration de la «Galerie blanc» et de l’édition 2018 d’Aires Libres, le 31 mai dernier, on apprenait par la bouche de Yanick Roberge, l’acolyte de l’architecte paysagiste Claude Cormier, que leur création, «18 Nuances de gai», ou les boules multicolores, ne seraient pas de retour en 2019. Depuis ce jour, cela a fait couler beaucoup d’ancre… Après la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui désire rencontrer M. Cormier pour le convaincre de changer d’avis, voici que le Collectif Carré Rose y va de sa propre initiative pour sauver les «boules» : une pétition et un rassemblement sont prévus.

180 000, c’est le nombre de boules colorées qui sont tendues au-dessus de la rue Sainte-Catherine, entre Papineau et Saint-Hubert ! Une véritable «canopée», pour reprendre l’expression consacrée de Claude Cormier…

Un rassemblement citoyen est en effet au programme le 21 juin, de 18h à 21h, au parc de l’Espoir, à l’angle de Sainte-Catherine et Plessis.

«Oui, nous avons appris que la mairesse désire discuter avec Claude Cormier. Si elle est vendue à l’idée de ramener les boules multicolores, nous désirons rajouter notre voix à cette démarche et on l’appui. Avec la pétition, nous voulons démontrer à Claude Cormier que les gens veulent que les boules restent encore pour une période de deux ans supplémentaires», indique le porte-parole du Collectif Carré Rose, Louis-Alain Robitaille. 

Et pourquoi les deux années de plus ? En réalité, puisque les «Boules roses» ont duré six ans, jusqu’à l’an dernier, avant que Claude Cormier et son équipe change de concept pour les «18 Nuances de gai», en 2017, et que le projet a été reconduit en 2018, «si l’on y ajoute les deux 2 ans de plus, cela fera une période de 10 années au total !», poursuit Louis-Alain Robitaille. 

«Nous savons que Claude Cormier a peur que ce concept s’essouffle, d’où le fait qu’il veuille le retirer, mais si on lui montre que la communauté LGBT est derrière le projet, M. Cormier risquera de repenser à retirer les boules», affirme M. Robitaille. 

Démarrée sous l’égide de la Société de développement commercial  (SDC) du Village pour l’événement estival Aires Libres, l’installation des «Boules roses» a fait le tour de la planète design et architecture en remportant plusieurs mentions dans des revues spécialisées ainsi que dans ce milieu d’art contemporain. Ces sphères multicolores – une interprétation de la bannière arc-en-ciel – ont pris le relais en 2017 et, encore là, elles sont devenues le symbole du Village LGBT de Montréal de par le vaste monde.  «Nous ne voulons pas perdre cette signature, de dire Louis-Alain Robitaille. C’est quelque chose de trop important pour la visibilité du Village.»

Rappelons que ce projet a été financé par la SDC du Village grâce à des commandites, des cotisations des commerçants membres et des subventions de l’administration municipale. «Ville-Marie a investi 260 000$ dans le projet depuis sa création en 2008», pouvait-on apprendre de la plume de Pierre-André Normandin, dans La Presse.

«Nous voulons recueillir des signatures en ligne et diffuser la pétition le plus largement possible à travers les réseaux sociaux, mais nous invitons la population à venir signer sur place la pétition, le 21 juin prochain, au parc de l’Espoir, également», souligne le porte-parole du Collectif Carré Rose,  Louis-Alain Robitaille. 

Le Collectif Carré Rose célèbrera ses cinq ans d’existence le 13 décembre prochain. Visant à contrer la violence à l’égard de la communauté LGBT, et particulièrement dans le Village, ce groupe est venu en aide à 59 victimes depuis ses débuts et ce, «sans aucune aide financière de qui que ce soit, seulement par le travail bénévole», note M. Robitaille.

 

Voici le lien pour la pétition si vous désirez la signer : Pétition