Pulse

Où en est-on, deux ans après la tuerie du Pulse?

Chantal Cyr
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On commémore cette semaine les deux ans de l’attentat terroriste au club gai Pulse, à Orlando en Floride. Quarante neuf personnes y ont perdu la vie, beaucoup ont été blessés et toute la communauté LGBT en garde toujours des séquelles.

Ajoutant à l’absurdité de la tuerie, les mobiles du tueur ne sont, à ce jour, toujours pas clairement établis. Juste avant l’attentat, le tireur a écrit plusieurs posts sur Facebook pour exprimer sa colère à propos de la présence des troupes américaines au Moyen Orient. Il a aussi appelé les secours pendant qu’il était à l’intérieur du club et a prétendu qu’il cherchait à faire payer l’Amérique pour ses bombardements contre les groupes terroristes à l’étranger. Daech a revendiqué l’attentat, mais aucune preuve ne montre qu’il y ait eu une connexion entre le tueur et l’organisation terroriste avant le 12 juin.

Ceux qui ont connu le tueur se souviennent qu’il manifestait beaucoup d’animosité contre tous ceux qui étaient différents, des femmes aux gays, en passant par les juifs. Plusieurs témoins ont affirmé l’avoir déjà vu au Pulse ou sur des applis de rencontre, mais ces témoignages ont été par la suite très contestés.

Le FBI a cherché photos, SMS, applis ou données de géolocalisation pour vérifier qu’il était gay ou qu’il menait une double vie, mais n’a rien trouvé. Les données ont juste montré qu’il avait cherché « Orlando nightclubs centre-ville » et avait fait des aller-retours entre le Pulse et un autre club avant de prendre une décision. Un agent de sécurité a indiqué que le tueur lui avait demandé quelques instants avant la fusillade pourquoi il n’y avait pas de femme dans le club.

Bien que les tueries de masses soient très courantes aux Etats-Unis, l’attentat du Pulse était le plus sanglant que l’Amérique avait jamais connu. La plupart des victimes ont péri lors de l’attaque initiale, et cinq autres ont été tuées pendant la prise d’otages. Quarante-quatre personnes ont été blessées, et certain.e.s ont dû être hospitalisé.e.s pendant des mois ensuite.

On ne connaît pas les véritables motivation du tueur, mais l’impact de ses actes demeure profond. Les événements de Pride/Fierté ont vu leur sécurité renforcée, l’an dernier comme cette année.

Après l’attentat, la communauté LGBT s’est fortement mobilisée. D’abord aux Etats-Unis, et à Orlando même. Beaucoup sont venus donner leur sang — les gays, interdits de don du sang, n’ont pas pu donner le leur. Des associations ont réunis 8 millions de dollars pour aider les survivants et les familles des victimes, et une campagne supplémentaire a permis de lever plus de 23 millions.

Deux ans après l’attentat, l’avenir du lieu n’est toujours pas tranché. Dans un premier temps, la ville avait prévu d’acquérir le lieu pour en faire un mémorial. Un mémorial de fortune a été dressé juste après la fusillade, avec une barrière décorée par des oeuvres d’art autour du bâtiment. Au fil des mois, le projet a changé. La propriétaire a décidé de garder le Pulse et a lancé une fondation pour le transformer en musée. Il devrait ouvrir ses portes en 2020.

En attendant, les appels au contrôle des armes sont restés lettre morte et les tueries de masse continuent.