Ukraine

Des ONG s'inquiètent d'une hausse des violences homophobes

L'agence AFP
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Plusieurs organisations internationales de défense des droits de l'Homme ont uni leurs voix jeudi pour dénoncer une « recrudescence » des violences en Ukraine, notamment racistes ou homophobes, de la part de groupes radicaux d'extrême droite, accusant les autorités de les encourager par leur inaction.

« Des attaques brutales contre des Roms, représentants LGBT et militants pour les droits sont en croissance ces derniers mois en Ukraine », a déclaré Tanya Cooper, une responsable de l'ONG Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué.

« Le gouvernement n'a guère pris de mesures en réponse, ce qui ne peut qu'encourager les assaillants », a-t-elle poursuivi dans ce message conjoint de HRW, Amnesty International, Freedom House et Front Line Defenders.

Depuis le début de l'année, des militants des groupes de l'extrême droite, notamment C14, Pravy Sektor et Karpatska Sitch, ont procédé à « au moins une vingtaine de violentes attaques, menaces » et intimidations à l'égard des minorités dans plusieurs villes ukrainiennes dont Kiev, soulignent les ONG.

Les forces de l'ordre n'ont que rarement ouvert des enquêtes sur ces incidents, selon la même source.

Parmi les incidents les plus récents figurent au moins deux attaques contre des camps roms à Kiev. Pendant un de ces incidents en avril, des membres masqués de C14 affirmant agir en qualité de « patrouilles municipales » ont attaqué des « femmes et enfants à l'aide de pierres et de gaz poivré », décrit le communiqué.

Deux enquêtes criminelles ont été ouvertes, mais aucun résultat n'a été annoncé, selon la même source. Le 8 mars, des militants de l'extrême droite ont par ailleurs agressé des participantes à un défilé de femmes dans le centre de Kiev.

Dimanche, une gay pride est prévue dans la capitale ukrainienne, mais son lieu est tenu secret par les organisateurs qui craignent des affrontements avec l'extrême droite.

Les autorités pro-occidentales ukrainiennes et plus particulièrement le ministère de l'Intérieur sont accusées par ses détracteurs de courtiser des mouvements de l'extrême droite dont des membres combattent les séparatistes pro-russes dans l'est du pays.