Lutte contre l’homophobie

4 millions de dollars pour la création d’un Réseau international francophone LGBTQ à Montréal

Denis-Daniel Boullé
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Photo prise par © Michel Bazinet
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C’est une promesse de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, Christine Saint-Pierre, qui se matérialise. La création d’un réseau international francophone en faveur de la protection et de l’avancement des droits des personnes LGBT. Le premier geste officiel a été posé officiellement, le 11 juin dernier.

En présence de l’émissaire aux droits et libertés de la personne au Québec, Julie Miville-Dechêne, et d’Hubert Bolduc, président-directeur général de Montréal international, la ministre Christine Saint-Pierre a rappelé l’engagement sans réserve de son gouvernement, et à travers lui le Québec pour «jouer un rôle actif sur la scène internationale pour l’avancement des droits et la protection des personnes LGBTQI et agir à titre de chef de file». La ministre souhaite que cette initiative inspire d’autres pays francophones à participer à ce réseau qui se met en place. «Ce réseau souhaite à soutenir la coopération, la création de partenariat, et d’espaces de dialogues sécuritaires et inclusifs».
 
4 millions de dollars sur cinq ans seront donc remis à Montréal International pour que l’organisme puisse, d’ici un an, voir le jour. Et répondre aux différents critères qui caractérisent les grands organismes internationaux. Montréal International soutient 65 organismes internationaux dont le siège est à Montréal et a développé l’expertise et l’expérience nécessaire pour la mise en place de ce réseau. « Nous n’agirons pas seul dans la création de ce réseau, a tenu à préciser le président-directeur général, Hubert Bolduc, notre équipe s’est déjà adjointe une expertise externe issue de la communauté LGBTQI en matière de droits humains fondamentaux». Le comité d’orientation pour mettre en place ce réseau est constitué de membres bien connus de nos communautés, comme Line Chamberland, titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie, Laurent Breault, directeur général de la Fondation Émergence, Marie-Pier Boisvert, directrice générale du Conseil québécois LGBTQ, Esther-Léa Ledoux de Fierté Montréal, Solange Musanganya de la Côte d’Ivoire, Arnaud Gauthier-Fawas de la France, entre autres.
 
Julie Miville-Dechêne qui a piloté ce dossier a rappelé que c’était avant tout un travail d’équipe qui avait mené à l’annonce d’aujourd’hui, une collaboration entre la société civile par le biais des organismes communautaires et les décideurs politiques. « La beauté de ce réseau francophone, c’est que ce sera un réseau où les minorités sexuelles, elles-mêmes, auront la parole, s’échangeront de l’information, les meilleures pratiques », a précisé Julie Miville-Dechêne qui a souligné que les personnes LGBTQ qu’elle a rencontrées « étaient mesurées et réalistes dans leur demande. Elles ne réclament pas le mariage, loin de là, mais uniquement le respect des droits fondamentaux garantis à tout être humain, droit à la vie, à la sécurité, à la vie privée, à la dignité. » En fait, ces droits sont inscrits dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme signée en 1948.
 
Aussi bien la ministre que les organismes communautaires LGBTQ souhaitent que d’autres pays de la francophonie s’investissent dans ce réseau et participent activement par le biais de cette structure à faire avancer les droits des personnes LGBTQ à travers les différents pays de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).
 
Pour le militant, Carlos Idibouo, qui souhaite vivre son homosexualité en français, l’annonce de la création de ce réseau restera pour lui un jour symbolique, historique, mémorable dans la contribution pour l’avancée des droits et du respect des personnes LGBTQ, ici comme ailleurs.