Philippines

La Cour suprêmne des Philippines examine la légalisation du mariage gai

L'agence AFP
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La Cour suprême des Philippines a commencé à examiner les arguments en faveur du mariage gai, première historique dans l’archipel à très grande majorité catholique.

La plus haute juridiction a été saisie par deux couples homosexuels qui se sont vu refuser le droit de se marier. Ils lui demandent d’abolir une loi de 1987 qui stipule que les mariages doivent être entre un homme et une femme.

«Quand le droit de se marier, une décision si personnelle, si intime et qui change tant la vie, est refusé aux personnes LGBT, l’État les prive de leur dignité», a déclaré aux juges l’avocat Jesus Falcis, qui est également l’un des plaignants.

L’audience s’est ouverte mardi et l’affaire devrait traîner en longueur. Il a fallu à la Cour trois ans pour audiencer le dossier.

Mais d’après les spécialistes, la décision de la cour revêtira une grande importance.

 

La Cour suprême des Philippines examine la légalisation du mariage gai

«Le jugement sera historique car la Cour ne s’est jamais prononcée sur le sujet», a déclaré à l’AFP Antonio La Vina, professeur de droit à l’Université des Philippines.

Avec le Vatican, les Philippines -- où 80% des 100 millions d’habitants sont catholiques -- sont le seul endroit au monde où le divorce est illégal. L’avortement est également interdit, en grande partie à cause de l’influence de l’Église.

Les plaignants ont cependant trouvé un allié en la personne du président Rodrigo Duterte, qui a exprimé son soutien pour le mariage gai.

«Je suis pour le mariage entre personnes du même sexe. Le problème, c’est qu’il faut changer la loi, mais nous pouvons changer la loi», a-t-il dit en décembre lors d’un rassemblement de la communauté LGBT.

Le président Duterte s’est heurté de front à l’Église qui critique sa guerre meurtrière contre le trafic de drogue.

En mai, les partisans du président à la Chambre des représentants ont approuvé la légalisation du divorce, mais il est peu vraisemblable que le texte franchisse la rampe du Sénat.

Les dirigeants de l’Église sont vent debout contre la légalisation du divorce, du mariage gai et de l’avortement. L’Église a cependant perdu un long combat contre une loi sur la contraception et ses financements publics.